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30/11/2012 09:19 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

L'opposition koweïtienne manifeste contre les législatives de samedi

Des dizaines de milliers de partisans de l'opposition koweïtienne ont manifesté vendredi dans la capitale à la veille d'élections législatives pour appeler au boycott de ce scrutin, contesté en raison d'un amendement de la loi électorale.

"Le peuple veut l'abrogation de l'amendement" et "nous boycottons" le scrutin, a répété la foule pacifiquement lors du rassemblement, autorisé par le pouvoir contrairement à de précédentes manifestations entachées de violences.

Des femmes, souvent voilées, et des enfants agitant le drapeau national et des bannières couleur orange, ont pris part à la manifestation, conduite par des figures de l'opposition dont l'ancien président de la Chambre Ahmad al-Saâdoun, et deux ex-députés Mussallam al-Barrak et Fayçal al-Muslim.

"Le pouvoir absolu corrompt", lit-on sur une banderole rédigée en anglais et brandie par des manifestants qui scandaient des slogans appelant au boycott du scrutin.

"Je suis ici pour protester contre l'amendement de la loi parce que c'est une violation de la Constitution. Il donnera un Parlement pro-gouvernemental", a déclaré à l'AFP Abdallah al-Shemmari, un ingénieur du secteur public.

Les forces de sécurité, déployées en grand nombre, ont canalisé les manifestants et organisé le trafic routier.

"Aujourd'hui, le peuple koweïtien envoie un message pacifique selon lequel il est contre l'amendement de la loi et contre la politique oppressive du gouvernement", a déclaré l'ex-député Adel al-Damkhi.

"Le régime doit prendre le message avec sérieux: il y a un réel rejet de la loi", a-t-il ajouté à l'AFP.

L'opposition islamiste, nationaliste et libérale a mené campagne pour le boycott du scrutin pour protester contre un amendement de la loi électorale jugé anticonstitutionnel et qui pourrait, selon elle, conduire à une manipulation des résultats.

La loi prévoit désormais que chaque électeur koweïtien choisit un seul candidat, alors qu'il pouvait auparavant désigner jusqu'à quatre candidats. Chacune des cinq circonscriptions que compte l'émirat élit 10 députés.

Des manifestations organisées par l'opposition depuis le 21 octobre avaient attiré des dizaines de milliers de personnes et avaient souvent dégénéré en violences faisant des dizaines de blessés parmi les manifestants et les policiers.

Le scrutin de samedi est le deuxième cette année et le cinquième depuis la mi-2006, l'émirat étant secoué par des crises à répétition entre le parlement et le gouvernement dirigé par la famille régnante des Al-Sabah.

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