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30/11/2012 04:25 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Jordanie: les manifestants ne relèvent pas de la justice militaire (HRW)

Human Rights Watch a appelé la Jordanie à cesser de déférer des manifestants pacifiques devant la justice militaire, après une série de rassemblements parfois violents dans le pays ces dernières semaines pour protester contre une forte hausse du prix du gaz et des carburants.

Selon l'organisation de défense des droits de l'Homme, "au moins 107 personnes, dont neuf enfants, ont été déférés devant des tribunaux d'exception, sous des chefs d'inculpation tels que +subversion du système gouvernemental+, +participation à des rassemblements illégaux+, et +destruction de biens+".

"Au lieu de respecter le droit à manifester pacifiquement, les autorités jordaniennes ont recours à un tribunal qui reste avant tout militaire pour punir des civils, en particulier des manifestants pacifiques", a déploré Joe Stork, vice-directeur de HRW pour le Moyen-Orient.

La Cour de sécurité de l'Etat, tribunal d'exception dont les juges, nommés par le Premier ministre, siègent habituellement à trois, deux juges militaires et un juge civil, "n'est pas indépendante du pouvoir exécutif", a souligné l'organisation.

"La Jordanie ne peut affirmer qu'elle mène des réformes démocratiques tout en punissant la contestation pacifique", a insisté HRW, appelant les autorités à reconnaître que participer à un rassemblement pacifique n'était "pas un crime" et à enquêter plutôt sur les cas d'abus de pouvoir de la police.

Des milliers de Jordaniens sont descendus dans la rue mi-novembre pour dénoncer la décision du gouvernement d'augmenter le prix du gaz domestique de 53% et celui de l'essence de 12%, et, pour certains, réclamer le départ du roi Abdallah II, une revendication inédite et illégale dans le royaume.

Si certains rassemblements avaient dégénéré en violences parfois meurtrières, les forces de sécurité ont également pris pour cible des manifestants pacifiques, précise HRW.

Selon l'organisation, les autorités ont arrêté depuis le 14 novembre plus de 300 manifestants, parmi lesquels plusieurs dizaines ont été relâchés.

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