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30/11/2012 07:12 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Coupe des Confédérations: les "guerriers de fer" tahitiens invités surprise

Educateurs, ouvriers dans le bâtiment ou encore chômeurs: les "Toa Aito" ou "guerriers de fer" tahitiens ne sont que 139e au classement mondial de la Fifa, et pourtant ils seront bien au Brésil, en juin, pour la Coupe des Confédérations 2013.

Surprenants vainqueurs de la Coupe des Nations d'Océanie, en juin, en battant en finale les "Cagous" de Nouvelle-Calédonie (1-0), les Tahitiens sauront samedi, lors du tirage au sort de la compétition, à Sao Paulo, à quelle sauce ils seront croqués: par la "seleçao" brésilienne, la "roja" espagnole, championne du monde et d'Europe, ou encore l'Italie, finaliste du dernier Euro...

Le contraste sur le terrain risque d'être visible, entre les vedettes du football mondial et les amateurs polynésiens, issus d'un championnat du niveau d'une 5e ou 6e division nationale en Europe.

Pourtant, les joueurs de Tahiti ne semblaient pas trop fébriles, dans leur archipel, à 48 heures du tirage au sort.

"Ce serait +bandant+ de jouer dans un stade plein contre le Brésil, chez eux, ou contre les champions du monde espagnols", a ainsi déclaré à l'AFP l'avant-centre tahitien, Steevy Chong-Hue, le buteur de la finale de juin, tout en reconnaissant qu'ils seront "dans un autre monde": "Notre objectif, ce sera d'abord d'éviter une fessée, de ne pas voir le ballon".

Plus bravache, Michaël Roche, le gardien, ne veut "encaisser un but ni de Neymar (la nouvelle vedette de la sélection brésilienne, ndlr), ni de Tartempion", a-t-il souri: "Ce que je veux, c'est ne pas prendre de but".

"Avec du coeur, tout est possible dans le foot: il faut qu'on y aille avec la mentalité Coupe de France: le petit Poucet qui peut faire tomber un gros", a-t-il insisté: "On veut représenter le plus dignement possible la Polynésie, plus largement l'Océanie, et même la France, puisqu'on est les seuls représentants français".

Au Brésil, l'entraîneur adjoint des "guerriers de fer", Ludovic Graugnard, voudrait faire appel à la star tahitienne Marama Vahirua, un professionnel qui a connu l'élite en France à Nantes, Lorient et Monaco: "On aimerait le sélectionner, mais ça va être difficile pour le Panthrakikos, son club grec, de le libérer pour la préparation", a-t-il regretté.

2013 sera en fait une année chargée pour le football polynésien, puisque Tahiti accueillera aussi la Coupe du Monde de beach soccer en septembre. Le plus grand événement sportif jamais organisé là-bas.

Les Tahitiens sont d'ailleurs redoutés sur le sable: ils n'ont perdu que 4 à 2 contre les champions du monde russes au tournoi international de Dubaï, et ils ont battu les Etats-Unis 4 à 3.

Certains footballeurs locaux, comme Roche, évoluent en football traditionnel comme en beach soccer, et postulent pour les deux sélections. Mais pour le moment, leurs regards sont tournés vers le Brésil en juin.

"Chaque ballon capté, ce sera quelque chose à raconter à mon fils... Quand il sera plus grand, parce que pour l'instant il n'a que trois mois", sourit Roche.

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