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30/11/2012 09:56 EST | Actualisé 30/01/2013 05:12 EST

Atletico Madrid - L'effet Simeone

A la veille d'un derby madrilène qui s'annonce électrique contre son grand voisin du Real samedi, l'Atletico de Diego Simeone, deuxième du championnat d'Espagne à seulement trois points du leader, le FC Barcelone, ne s'était plus vu à pareille fête depuis longtemps.

Si l'attaquant colombien Radamel Falcao, déjà crédité de près de 60 buts en rouge et blanc depuis son arrivée en début de saison dernière, s'attire habituellement tous les honneurs, il ne faut pas oublier ce que la performance de l'Atletico doit au technicien argentin, un homme qui vit le football chevillé au corps.

Arrivé au club en décembre 2011 alors que les "Colchoneros" avaient piteusement été éliminés de la Coupe du Roi par Albacete, club de troisième division, Simeone, déjà ancienne gloire du club en tant que joueur, a transformé l'entité en un temps-record.

Pour preuve: en tout juste une année sous sa direction, les Rouge et Blanc ont gagné une nouvelle Europa League (en 2012, après celle de 2010), ont remporté la Supercoupe d'Europe contre Chelsea et tutoient même le Barça en championnat.

Et ils se déplacent samedi à Bernabeu alors qu'ils se trouvent devant leur éternel rival au classement (8 points d'avance), du jamais vu depuis 1999.

Derrière cette métamorphose, on décèle indéniablement la patte du "Cholo" Simeone. Pugnace, impassible et efficace, cet homme de 42 ans a su, à force de travail, constituer une équipe à son image.

Peu enclin aux logorrhées en conférence de presse, cet Argentin assez taiseux a paradoxalement su trouver les mots pour insuffler une nouvelle motivation à ses troupes.

"A mon arrivée, j'ai trouvé des joueurs engagés, enthousiastes, désireux de se sortir d'une situation compliquée. Petit à petit, nous avons fait connaissance en échangeant, en expliquant. Puis, avec le temps, cette équipe s'est dotée d'une identité de jeu que j'espère imposer, où que nous jouions", expliquait récemment Simeone.

L'Argentin, qui durant les matches tient rarement en place, arpentant de long en large sa zone technique et passant souvent la main sur son crâne chauve, est incontestablement resté joueur dans l'âme.

Mais il n'est pas seulement un motivateur de troupes hors-pair. Ancien milieu de terrain récupérateur passé notamment par River Plate, Estudiantes La Plata, et donc l'Atletico Madrid, il sait remarquablement bien déchiffrer les forces et faiblesses de sa propre équipe.

"Dès son arrivée, il a su convaincre ses joueurs qu'une des priorités était plus la récupération rapide du ballon que la possession en soi", explique ainsi Ladislao Monino, journaliste d'"El Pais".

Et de fait, la recette semble fonctionner: avec 29 buts, les Colchoneros possèdent la troisième meilleure attaque de Liga quand ils apparaissent seulement au 11e rang pour ce qui est de la possession de balle.

Autre trait marquant de Simeone, son excellente radiographie de l'adversaire, quel qu'il soit. "Chez moi, la télé est en boucle et je zappe jusqu'à trouver un rectangle vert, sauf s'il s'agit de golf", plaisantait mardi dernier "el Cholo", sur lequel on peut compter pour avoir disséqué toutes les situations de jeu du Real.

Au moment de connaître son avis sur les chances de l'Atletico de lutter jusqu'au bout pour le titre avec le Barça, l'Argentin retombe cependant dans son mutisme calculé. "Depuis le début, nous prenons match après match. C'est une attitude qui ne nous a pas mal réussi jusqu'à présent".

Au cours des quinze prochains jours où ils affrontent le Real puis le Barça, Simeone et les siens ne tarderont pas à être fixés.

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