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29/11/2012 01:44 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Vaste offensive de l'armée près de l'aéroport de Damas

L'armée syrienne a lancé jeudi une vaste offensive à l'est de Damas notamment le long de la route de l'aéroport, qu'elle a affirmé avoir "sécurisée" en soirée, les compagnies qui desservaient encore la capitale syrienne ayant toutefois annoncé l'interruption de leurs vols.

Au même moment, une grande partie du pays était coupée du monde, sans téléphone ni internet, les militants accusant le régime de préparer un "massacre" et les autorités affirmant que des "travaux de maintenance" étaient derrière cette panne.

Ces opérations interviennent au moment où l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi affirmait au Conseil de sécurité de l'ONU qu'une "nouvelle Syrie" devrait émerger du conflit qui fait rage dans le pays depuis 20 mois.

Alors que les combats se sont récemment concentrés aux abords de Damas, ceux lancés dans la matinée ont été les plus violents enregistrés dans la région depuis mi-mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée a mobilisé d'importants renforts pour tenter de maintenir son contrôle de la capitale et de reprendre totalement ses alentours sur un rayon de huit kilomètres, selon une source de sécurité.

Les médias officiels ont affirmé que l'armée avait tué de nombreux "terroristes", terme par lequel Damas désigne les rebelles.

Dès le début de la journée, les autorités avaient fermé la route reliant Damas à l'aéroport en raison des violences dans la banlieue, selon l'OSDH, tandis que l'aviation bombardait les vergers bordant Damas, où la rébellion a ses bases-arrière.

La compagnie Emirates de Dubaï a annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" de ses lignes vers Damas, tandis qu'EgyptAir a suspendu un vol vendredi à destination de Damas en raison de la dégradation de la situation sécuritaire et d'une interruption de la communication avec son bureau à Damas.

Dans le nord-ouest du pays, où les rebelles ont attaqué l'une des dernières bases encore aux mains de l'armée, l'aviation menait des raids meurtriers, après avoir perdu deux appareils en moins de 24 heures, abattus pour la première fois par des missiles.

Les insurgés disposeraient de 40 missiles sol-air, selon le quotidien américain Washington Post, qui cite des responsables du renseignement occidentaux et proche-orientaux affirmant que ces armes, qui pourraient changer la donne en Syrie, ont été récemment livrées par le Qatar. Les rebelles disent avoir saisi des missiles dans des bases de l'armée qu'ils ont conquises.

Jeudi, selon un bilan provisoire, 59 personnes dont 34 civils ont péri en Syrie selon l'OSDH qui a recensé plus de 40.000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression brutale du régime.

Alors que les violences ne faiblissent pas, M. Brahimi a laissé entendre que le président syrien devra renoncer en fin de compte au pouvoir.

Evoquant "l'urgence absolue" d'un cessez-le-feu dans le pays, il a souligné qu'il devrait alors être surveillé par une mission d'observation très importante. "Un cessez-le-feu ne pourra pas tenir s'il n'est pas surveillé de manière intensive, ce qui, je crois, nécessitera une mission de maintien de la paix", a-t-il déclaré.

Toujours sur le plan diplomatique, Madrid a reconnu la Coalition de l'opposition comme "le représentant légitime du peuple syrien", rejoignant Londres, Paris, Ankara et les Etats du Golfe.

L'ONG Campagne internationale pour l'interdiction des mines (ICBL) a accusé Damas d'être le seul gouvernement au monde à avoir posé des mines antipersonnel en 2012, tandis que Human Rights Watch (HRW) dénonçait l'utilisation par les rebelles d'enfants pour transporter des armes, faire le guet où même combattre.

Par ailleurs, dans une nouvelle vidéo, la journaliste ukrainienne Ankhar Kochneva, enlevée début octobre par des rebelles, a affirmé avoir été envoyée en Syrie par les renseignements russes, des propos vraisemblablement tenus sous la contrainte.

En outre, un médecin britannique, Abbas Khan, qui opérait dans les hôpitaux de campagne des rebelles dans le nord, a été arrêté par les forces du régime, selon l'OSDH qui insiste sur le fait qu'il n'était "ni un combattant rebelle ni un jihadiste".

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