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29/11/2012 09:08 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Un statut d'État observateur à l'ONU pour les Palestiniens ne changera rien, prévient Israël

L'obtention par l'Autorité palestinienne d'un statut d'État observateur aux Nations unies « ne changera rien sur le terrain », a déclaré jeudi le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Selon lui, ce n'est pas de cette façon que les Palestiniens obtiendront un État.

Cette déclaration du chef du gouvernement israélien survient à quelques heures du dépôt à l'Assemblée générale des Nations unies d'un projet de résolution qui octroie à la Palestine un statut « d'État observateur non membre » aux Nations unies.

L'Autorité palestinienne, qui affirme avoir recueilli l'appui de plus des deux tiers des 193 membres votant de l'ONU, a bon espoir de troquer son actuel statut « d'entité observatrice » pour celui « d'État observateur ».

Or, pour être adoptée, la proposition déposée par le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n'a qu'à recueillir une majorité simple, soit 98 voix.

Pas d'État palestinien sans reconnaissance d'Israël

Mais pour Israël, cette victoire diplomatique anticipée ne changera en rien la situation actuelle au Proche-Orient.

« Il n'y aura pas de véritable État palestinien sans une reconnaissance de l'État d'Israël en tant qu'État du peuple juif, sans une proclamation de la fin du conflit, sans arrangements de sécurité réels qui permettent de protéger Israël et ses habitants », a dit le premier ministre Nétanyahou.

« La paix ne sera atteinte que par des accords acceptés à Jérusalem et Ramallah et non par une décision de l'ONU [...] peu importe le nombre de ceux qui voteront contre nous, aucun pouvoir au monde ne peut me contraindre à faire des concessions sur la sécurité d'Israël », a-t-il conclu.

Israël assure cependant qu'aucun accord conclu avec les Palestiniens ne sera annulé si l'ONU leur accorde ce nouveau statut. « Tout ce que nous ferons après ce vote c'est d'appliquer ces accords à la lettre », a expliqué le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor.

Plusieurs opposants, dont Washington et Ottawa

Bien qu'une majorité de pays membres aient promis leur soutien au président palestinien Mahmoud Abbas, plusieurs pays, dont les États-Unis et le Canada, voteront contre la résolution.

Selon Washington, allié historique d'Israël, toute tentative de résolution du conflit israélo-palestinien doit passer par une reconnaissance mutuelle et une solution négociée entre Israël et les Palestiniens.

« Le chemin vers une solution à deux États qui satisferait les aspirations des Palestiniens passe par Jérusalem et Ramallah, et non par New York », a réaffirmé jeudi la secrétaire d'État Hillary Clinton.

Mercredi, Washington a d'ailleurs dépêché le secrétaire d'État adjoint américain, Willliam Burns, et l'envoyé spécial pour le Proche-Orient, David Hale, auprès du président Abbas pour tenter de le dissuader de demander ce vote aux Nations unies.

John Baird votera en personne

Le Canada affiche la même position que les États-Unis. Le premier ministre Stephen Harper a expliqué mercredi que son gouvernement voterait contre un statut d'État observateur.

C'est d'ailleurs le ministre des Affaires étrangères John Baird en personne qui exprimera le vote du Canada à l'ONU plutôt que son ambassadeur.

« Nous favorisons au Moyen-Orient une solution à deux États », a indiqué M. Harper, soulignant qu'« une manière de la réaliser est par le retour de l'Autorité palestinienne à la table de négociations pour vraiment atteindre une résolution complète avec Israël ».

Les pays européens sont quant à eux divisés sur la question. Des 27 pays de l'Union européenne, une douzaine, dont la France, le Danemark, l'Espagne et l'Autriche, ont l'intention d'appuyer la résolution palestinienne.

Le Royaume-Uni et l'Allemagne devraient quant à eux s'abstenir de voter. Hors des rangs de l'UE, la Russie, la Turquie et la Suisse ont aussi affiché leur soutien à la résolution palestinienne.

Les conséquences de ce statut pour les Palestiniens

Plusieurs pays européens redoutent, en cas d'accession des Palestiniens à un nouveau statut aux Nations unies, que les États-Unis exercent des représailles en coupant leur financement aux agences de l'ONU auxquelles les Palestiniens pourront accéder grâce à leur nouveau statut.

Ce fut notamment le cas en octobre 2011, lorsque les Palestiniens ont rejoint les rangs de l'UNESCO. Washington avait alors immédiatement mis fin à son financement de l'organisme, qui représentait 22 % de son budget.

De leur côté, les opposants à l'accession au statut d'État observateur pour les Palestiniens craignent que ces derniers n'utilisent leur nouveau statut pour poursuivre Israël devant la Cour pénale internationale (CPI).

Le statut d'État observateur non membre, que demande l'Autorité palestinienne, donne accès à la Cour pénale internationale.

« Certains États sont très inquiets de notre possible recours à la CPI et nous ont donc pressés de nous engager à ne pas emprunter une telle voie, mais nous avons refusé », a déclaré M. Al-Malki à la radio officielle Voix de la Palestine.

« Le fait d'être un État est très important pour nous et constitue un tournant et une occasion historiques pour que le monde commence à réparer une grave injustice subie par les Palestiniens avec la création de l'État d'Israël en 1948 », a expliqué Mme Achraoui.

Les Palestiniens sont depuis 1974 une « entité » observatrice à l'ONU. Ils demandent maintenant à devenir un État observateur non membre, à l'instar du Vatican.