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29/11/2012 09:45 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Tunisie: tirs de lacrymogènes contre des manifestants à Siliana (AFP)

Les forces de l'ordre tiraient des gaz lacrymogènes sur des centaines de manifestants qui ont tenté d'attaquer un important commissariat de police de Siliana, ville déshéritée au sud-ouest de Tunis en proie aux violences depuis mardi, selon des journalistes de l'AFP.

Les manifestants ont cherché à prendre d'assaut le poste, des pneus incendiés étaient visibles aux abords. Des tirs de sommation ont aussi retenti, selon la même source.

Un journaliste de l'AFP a vu une ambulance repartir des lieux avec des blessés, mais leur nombre n'a pas pu être précisé dans l'immédiat.

Les policiers ont réussi a faire reculer les manifestants et les pourchassaient, matraques à la main, dans les rues environnantes. Les forces de l'ordre étaient aussi visés par des jets de pierre.

Il s'agit des premières violences jeudi dans cette ville où plus de 250 personnes ont été blessés la veille lors d'affrontements avec la police, qui cherchait à disperser les manifestants en tirant de la chevrotine de petit calibre.

A Kesra, une localité à 40 km au Sud de Siliana, un poste de police a été incendié dans la matinée de jeudi.

Les manifestants réclament le départ du gouverneur régional, un programme de développement économique dans cette région très pauvre, la libération de manifestants arrêtés en avril 2011 et l'arrêt de la "répression des manifestations".

Face au refus des autorités de limoger le gouverneur, la principale centrale syndicale du pays, l'UGTT a appelé à une nouvelle manifestation à Siliana vendredi.

"J'appelle tous les habitants de la région à participer à une marche symbolique sur Tunis de deux kilomètres" vendredi, a déclaré à l'AFP, le secrétaire général de la branche régionale du syndicat Nejib Sebti.

Un représentant du parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement tunisien, a dénoncé ces troubles provoqués, selon lui par les manifestants, y voyant la main de "contre-révolutionnaires".

"Les manifestations se sont transformées en violences et en attaques contre les symboles de l'Etat (...) et les acquis du peuple", a déclaré en conférence de presse à Tunis Ameur Larayedh, qui dirige le bureau politique de ce parti.

"Le peuple ne va pas permettre aux contre-révolutionnaires de revenir" au pouvoir, a-t-il ajouté.

Une déclaration télévisée du Premier ministre Hamadi Jebali est attendue dans l'après-midi.

Les revendications des manifestants ne sont pas sans rappeler celles de la révolution de janvier 2011, la misère, le chômage et la dénonciation de l'arbitraire de la police ayant été à l'époque au coeur du soulèvement.

La région de Siliana est affectée par de grandes difficultés économiques. Selon des statistiques officielles, les investissements y ont baissé de 44,5% et les créations d'emplois de 66% sur la période janvier-octobre 2012 par rapport à la même époque de l'année précédente.

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