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29/11/2012 03:01 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Réactions partagées sur la démission de Daniel Breton

Après avoir obtenu la démission du ministre de l'Environnement, Daniel Breton, les libéraux concentrent leurs attaques sur Pauline Marois dont ils remettent en question le jugement dans cette affaire. Les environnementalistes, eux, parlent de lynchage politique.

Daniel Breton a remis sa démission jeudi matin à la première ministre, qui l'a acceptée. Il a dû quitter son poste en raison de révélations sur son passé. Il était accusé depuis plusieurs semaines par l'opposition de s'être ingéré dans les affaires du Bureau d'audience sur l'environnement (BAPE).

Questionnée à l'Assemblée nationale et par les journalistes sur ce qu'elle savait du passé de son ministre de l'Environnement, Pauline Marois a expliqué qu'elle était au courant des problèmes qu'avait eus Daniel Breton avec l'assurance chômage, le fisc et des contraventions qu'il n'avait pas payées.

Elle a cependant avoué ne pas avoir été mise au courant des milliers de dollars en loyers impayés par son ministre.

La chef péquiste a expliqué ne pas regretter d'avoir nommé Daniel Breton à ce poste, même s'il ne l'a pas avertie des 13 mois de loyer qu'il n'avait pas payés, il y a trois ans.

Le jugement de Pauline Marois mis en cause

Une réponse qui n'a pas satisfait les libéraux, qui reprochent à Pauline Marois d'avoir manqué de jugement en confiant un ministère à un homme qui traînait des squelettes dans son placard.

« On n'arrêtera pas de questionner la première ministre sur ce qu'elle savait au moment où elle l'a nommé et nous n'achetons pas pour le moment l'opération de cover-up du gouvernement sur l'incompétence du premier ministre qui a nommé quelqu'un comme ça », a déclaré sans détour Pierre Paradis, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'Énergie.

« On découvre, à la lumière de tout ce qui a été dit, à la fois dans les journaux et dans les reportages, que la première ministre a voulu couvrir son manque de jugement », a déclaré pour sa part la députée libérale Yolande James.

Par ailleurs, bien que Pauline Marois a défendu la rigueur des vérifications effectuées avant la nomination de M. Breton, le député de la CAQ François Bonnardel demande au gouvernement de révéler quelle firme a fait le rapport de sécurité sur M. Breton. Il souhaite aussi que ce rapport soit rendu public pour « savoir exactement ce que M. Breton a dit ».

Pas que des infractions mineures

Le député de Marguerite-Bourgeois et ex-policier Robert Poeti a pour sa part tenu à remettre les pendules à l'heure en ce qui a trait aux infractions reprochées à Daniel Breton.

Déception et indignation chez les écologistes

La démission de Daniel Breton est en revanche particulièrement mal reçue dans les rangs des organismes environnementaux, dont est issu l'ex-ministre. Pour André Belisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, il s'agit du « lynchage politique publique » d'un homme qui travaillait pour les intérêts supérieurs du Québec.

« Il a payé le prix pour son engagement en tant qu'écolo », a déclaré M. Bélisle sur les ondes de RDI, en confirmant que M. Breton a longtemps vécu dans la pauvreté lorsqu'il militait pour la protection de l'environnement.