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29/11/2012 11:12 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Plus de communications en Syrie, la route vers l'aéroport de Damas coupée

Les communications étaient coupées jeudi dans la majorité de la Syrie, notamment dans la capitale, où les autorités ont bloqué l'accès à l'aéroport international de Damas, les militants disant redouter une offensive majeure.

Ces opérations, accompagnées d'importants combats à la périphérie de Damas, interviennent au moment où l'émissaire international pour la Syrie Lakhdar Brahimi présente au Conseil de sécurité de l'ONU son rapport sur la guerre civile qui fait rage dans le pays en proie depuis 20 mois à des violences.

Dans le nord du pays, où les rebelles ont attaqué l'une des dernières bases encore aux mains de l'armée, l'aviation menait des raids meurtriers, après avoir perdu deux appareils en moins de 24 heures, abattus pour la première fois par des missiles.

Les insurgés disposeraient de 40 missiles sol-air, selon le quotidien américain Washington Post jeudi, qui cite des responsables du renseignement occidentaux et proche-orientaux affirmant que ces armes, qui pourraient changer la donne en Syrie, ont été récemment livrées par le Qatar. Les rebelles affirment avoir obtenu ces missiles dans des bases de l'armée qu'ils ont conquises.

Alors que les combats se sont récemment concentrés aux abords de Damas, d'où l'armée veut déloger les rebelles, seule la connexion Internet via satellite fonctionnait, tandis que les lignes téléphoniques fixes et portables étaient coupées, comme dans la plupart des régions du pays.

Les Comités locaux de coordination (LCC), un important réseau de militants qui anime la contestation pacifique à travers la Syrie, ont dit "craindre que le régime criminel syrien ne prépare quelque chose".

Les militants affirment régulièrement que ces black-out sont l'annonce d'offensives majeures.

En outre, les autorités ont fermé la route reliant Damas à l'aéroport en raison des violences dans la banlieue, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui rapporte que l'aviation bombardait les vergers bordant Damas, où la rébellion a ses bases-arrière.

Le pilote, les membres d'équipage et les passagers d'un avion de Syrian Air venant d'Alger étaient bloqués à l'aéroport depuis ce matin, selon une source des services de sécurité.

La compagnie Emirates de Dubaï a annoncé la suspension "jusqu'à nouvel ordre" de ses liaisons aériennes avec Damas.

Dans la capitale, des roquettes sont tombées sur les quartiers sud, selon l'OSDH, qui fait aussi état de combats à Deir Ezzor (est), Alep (nord), Idleb (nord-ouest) et Homs (centre).

A Alep, au moins quinze civils, dont cinq enfants et deux femmes, ont ainsi été tués dans le largage de deux barils bourrés d'explosifs, selon l'OSDH.

L'OSDH a recensé plus de 40.000 morts depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression brutale du régime.

Alors que les violences ne faiblissent pas, M. Brahimi rendait compte de sa mission auprès du Conseil de sécurité, toujours divisé entre Occidentaux d'un côté et Russes et Chinois de l'autre. Moscou et Pékin y ont bloqué trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression.

Toujours sur le plan diplomatique, Madrid a reconnu la Coalition de l'opposition comme "le représentant légitime du peuple syrien", rejoignant Londres, Paris, Ankara et les Etats du Golfe.

L'ONG Campagne internationale pour l'interdiction des mines (ICBL) a accusé Damas d'être le seul gouvernement au monde à avoir posé des mines antipersonnel en 2012, tandis que Human Rights Watch (HRW) dénonçait l'utilisation par les rebelles d'enfants pour transporter des armes, faire le guet où même combattre.

Par ailleurs, dans une nouvelle vidéo, la journaliste ukrainienne Ankhar Kochneva, enlevée début octobre par des rebelles, a affirmé avoir été envoyée en Syrie par les renseignements russes, des propos vraisemblablement tenus sous la contrainte.

En outre, un médecin britannique, Abbas Khan, qui opérait dans les hôpitaux de campagne des rebelles dans le nord, a été arrêté par les forces du régime, selon l'OSDH qui insiste sur le fait qu'il n'était "ni un combattant rebelle ni un jihadiste".

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