NOUVELLES
29/11/2012 09:12 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Les insurgés syriens ont saisi des missiles lors de la prise de la base 46 (rebelle)

De nombreux missiles sol-air, principal danger pour l'aviation militaire syrienne, ont été saisis par les rebelles lors de la prise de la base 46 il y a dix jours à proximité d'Alep (nord), a affirmé jeudi à l'AFP un sous-officier qui s'y trouvait.

Un hélicoptère et un chasseur-bombardier ont été abattus mardi et mercredi par des missiles alors qu'ils bombardaient les positions rebelles autour de la base Cheikh Souleimane, dernière place forte de l'armée dans cette partie nord-ouest du pays, à l'ouest d'Alep.

"Des dizaines de missiles sol-air Sam-7 de type Cobra étaient entreposés dans des caches aménagées dans des réseaux souterrains de la base. C'est une bombe larguée par un MiG pendant l'attaque qui les a mis au jour", a raconté Mouhannad, sous-officier de l'armée syrienne qui a déserté avec un groupe de 12 autres soldats pendant l'assaut rebelle final le 18 novembre sur la base 46.

"Cette base était le verrou nord-ouest de la Syrie et donc un point clé de la défense anti-aérienne face à la Turquie et à une menace aérienne venue d'Europe", a expliqué Mouhannad, qui combat désormais avec les rebelles au sein du groupe islamiste Kataëb al-Islam dans l'ouest de la province d'Alep.

Les rebelles ont aussi mis la main sur une quinzaine de chars et d'engins blindés de fabrication soviétique, des canons d'artillerie lourde, des mortiers de 120 mm ainsi que des batteries de lance-roquettes, qu'ils ont ensuite ramenés vers leurs bases arrière proches de la frontière turque, avait constaté un journaliste de l'AFP, qui s'y était rendu après l'assaut.

"Les missiles n'ont pas été détruits ou neutralisés pendant le siège rebelle car les officiers sur place ne croyaient pas à un assaut imminent, ils pensaient que les défenses résisteraient à un tel assaut et étaient persuadés que des renforts arriveraient d'Alep", a confié le déserteur.

"Les militaires croyaient devoir s'en servir en cas d'intervention étrangère ou de bombardements aériens par les Occidentaux", a-t-il encore dit.

En fin de semaine dernière, le général rebelle Mohamed Ahmad al-Faj, qui a commandé l'attaque, avait fait était de la saisie de missiles anti-aériens lors de la prise de la base 46, sans en préciser le nombre ou le modèle.

Il avait par ailleurs donné le bilan de 300 militaires des troupes régulières tués dans les combats et de 70 autres soldats faits prisonniers.

Selon le sous-officier Mouhannad, "des dizaines de missiles Sam-7 ont pu ainsi être récupérés par les rebelles", notamment les unités sous les ordres de cheikh Taoufik, un chef islamiste combattant désormais sous le drapeau de l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) et le général Faj, basé au poste-frontière avec la Turquie de Bab al-Hawa.

Les unités de cheikh Taoufik font actuellement le siège de la base militaire de Cheikh Souleimane, également à l'ouest d'Alep.

Selon des rebelles de la province d'Idleb, les insurgés ne disposaient jusqu'à la prise de la base 46, que de cinq Sam-7 récupérés lors de la prise d'une station radar à l'été 2012. Trois étaient hors d'usage. Deux ont été tirés sans succès par des rebelles contre des chasseurs.

hba/hj