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29/11/2012 11:53 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Le manque de confiance empêche l'application d'accords entre les deux Soudans

Un manque de confiance entre les deux Soudans a jusqu'à là empêché l'application d'accords économiques et sécuritaires signés en septembre par les deux pays, a affirmé jeudi l'émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Princeton Lyman.

"Je crois (...) qu'ils n'ont pas atteint le degré de confiance essentiel à l'application de ce type d'accord", a indiqué M. Lyman lors d'une conférence de presse, après sa rencontre avec de hauts responsables soudanais et des représentants de la société civile.

Deux mois après leur signature sous la médiation de l'Union africaine (UA), les accords de septembre qui prévoient une zone tampon démilitarisée à leur frontière commune et une reprise de la production pétrolière du Soudan du Sud, ne sont toujours pas appliqués.

Les accords de sécurité devront d'abord entrer en vigueur pour que la production pétrolière puisse reprendre et les frontières rouvrir pour le commerce, a estimé M. Lyman, annonçant qu'il allait se rendre en décembre au Soudan du Sud.

"Mais l'application (de ces accords) est difficile. Les deux pays sont engagés (dans le processus), mais visiblement, il reste encore beaucoup de travail à accomplir", a-t-il ajouté, accueillant positivement un dialogue politique et sécuritaire qui doit se tenir prochainement entre le Soudan et le Soudan du Sud à Khartoum.

L'émissaire américain a estimé que cette confiance serait difficile à établir tant qu'il ne sera pas mis un terme à l'insurrection dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.

"Il est difficile d'assurer cette pleine confiance (...) et cette sécurité que les deux états souhaitent concrétiser le long de la frontière sans mettre fin au conflit", a-t-il déclaré.

Khartoum soupçonne Juba de soutenir une rébellion active dans le sud du Soudan, la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N), qui combattait aux côtés des actuels dirigeants sud-soudanais au temps de la guerre civile.

"Avec la reprise des combats (...) nous nous attendons à avoir plus de réfugiés et plus de difficultés là-bas", a-t-il affirmé, rappelant que les violences étaient à l'origine d'une "terrible crise humanitaire", avec plus de 200.000 personnes réfugiés au Soudan du Sud et en Ethiopie, alors que les habitants des zones rebelles manquaient de nourritures et de soins médicaux.

it/tg/hj