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29/11/2012 11:20 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Grèce: le FMI attend le résultat du rachat de dette pour valider l'accord

Le FMI attendra d'évaluer le succès de la complexe opération de rachat de la dette grecque avant de faire approuver par son conseil d'administration l'accord conclu entre le pays et ses créanciers mardi à Bruxelles, a indiqué un porte-parole de l'institution jeudi.

"En fonction de la mise en oeuvre et du succès du programme de rachat de la dette, nous serons en position de recommander au conseil d'administration" d'approuver l'accord du FMI avec l'Union européenne sur la Grèce, a dit un porte-parole du Fonds, Gerry Rice, lors d'une conférence de presse à Washington.

Cet accord, qui doit permettre de ramener la dette de la Grèce à 124% du produit intérieur brut du pays d'ici à 2020, prévoit notamment une opération de rachat par Athènes d'une partie de sa dette, dont les premiers résultats doivent être connus le 13 décembre, et dont le succès reste incertain.

"Nous nous réjouissons bien évidemment de (l'accord) mais son succès exigera que la Grèce et ses partenaires européens respectent entièrement leurs engagements", a déclaré Gerry Rice.

Selon les procédures au sein du FMI, cet accord qui permettrait de débloquer le versement de nouvelles tranches d'aide à la Grèce doit désormais être approuvé par le conseil d'administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres.

D'après M. Rice, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, sera "en mesure" de soumettre l'accord au conseil d'administration du Fonds "une fois que des progrès auront été accomplis (...) notamment sur la mise en oeuvre du programme de rachat de dette".

La Grèce a annoncé mercredi qu'elle lancerait "en début de semaine prochaine" le rachat de sa dette mais a assuré que les créanciers du pays avaient prévu un "plan B" en cas d'échec de l'opération.

Interrogé sur l'existence d'une telle alternative, le porte-parole du Fonds s'est contenté de répondre qu'il se souhaitait pas "spéculer" sur l'issue de l'opération.

"Le principal défi c'est maintenant la mise en oeuvre", a-t-il souligné rappelant que l'accord entre la Grèce et ses créanciers prévoyait d'autres mesures (baisse des taux d'intérêts, extension de la maturité des prêts...).

"Il y a beaucoup de détails qu'il faudra surveiller", a estimé M. Rice.

L'agence d'évaluation financière Moody's a assuré jeudi que la dette grecque resterait "insoutenable" en dépit de l'accord conclu à Bruxelles et a déploré que les bailleurs de fonds internationaux du pays aient refusé un effacement de dette pur et simple.

La "probabilité d'un nouveau défaut sur la dette détenue par des créanciers privés est élevée", a conclu l'agence.

Au printemps, les créanciers privés de la Grèce avaient déjà consenti un effacement de dette de 107 milliards d'euros.

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