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29/11/2012 09:22 EST | Actualisé 29/01/2013 05:12 EST

Brésil - Scolari, les lauriers dans une main de fer

Rappelé jeudi aux commandes de l'équipe du Brésil, Luiz Felipe Scolari, 64 ans, est avant tout l'homme du "Pentacampeao", la 5e Coupe du monde remportée par la Seleçao en 2002 sous sa houlette, au gré d'une grande exigence tactique et disciplinaire.

"Felipao" (grand Felipe) n'était resté qu'un an à la tête de la Seleçao (juillet 2001-août 2002): suffisant pour entrer dans l'histoire avec le titre suprême au Mondial-2002 au bout de sept victoires.

Ses débuts hésitants, marqués par une élimination en quart de finale de la Copa America 2001 par le modeste Honduras (2-0) et une qualification pour le Mondial acquise in extremis, sont oubliés.

Scolari, qui avait déjà connu des succès en club, notamment deux titres dans la compétition reine d'Amérique du Sud, la Copa Libertadores (1995 et 1999), parfait son profil d'entraîneur triomphal grâce à une rigueur aussi bien tactique que disciplinaire.

D'où des surnoms comme "Sargentao" (sergent-chef) ou "le Dictateur". "Parfois, quand on me demande mon opinion, je n'y vais pas par quatre chemins, je dis vraiment ce que je pense, se défend-il sur Fifa.com. Ma réponse ne va pas toujours dans le sens de ce que les gens voudraient entendre".

"Une équipe brésilienne qui joue avec une organisation européenne, avec une réflexion tactique, c'est quelque chose de magnifique, l'une des plus belles choses au monde, avance-t-il aussi sur le plan du jeu. Mais il est difficile de faire comprendre ça aux joueurs".

Le sosie de l'acteur américain Gene Hackman a aussi montré sa poigne quand il a résisté à l'opinion publique qui souhaitait ardemment le retour en sélection du monstre sacré Romario. Lequel, aujourd'hui député, a d'ailleurs salué sa nomination à la place de Mano Menezes.

Nommé sélectionneur du Portugal après le Mondial-2002, Scolari n'hésite pas à nouveau à écarter des cadres de la "génération dorée" comme Vitor Baia et Joao Pinto, au profit de jeunes comme... Cristiano Ronaldo.

Succès là encore: la "Selecçao" retrouve les sommets depuis la 3e place de l'équipe du mythique Eusebio à la Coupe du monde 1966, avec une finale à l'Euro-2004 et une 4e place au Mondial-2006.

La défaite en demi-finale face à la France de Zidane en 2006 fige deux records pour Scolari en Coupe du monde, celui du nombre de matches consécutifs sans défaite (12: sept avec le Brésil, cinq avec le Portugal) et celui du nombre de victoires consécutives (11: 7+4).

Après un quart de finale à l'Euro-2008, Scolari relève le défi de Chelsea. Mais après des débuts prometteurs, ses Blues perdent du terrain en championnat et les cadres, notamment Drogba et Lampard, mènent la contestation contre ses méthodes jugées autoritaires. Au bout de huit mois, exit "Big Phil".

C'est un sérieux coup d'arrêt pour le Brésilien, qui prend le chemin de l'exil aussi exotique que rémunérateur à Tashkent, en Ouzbékistan, au sein du club hégémonique de Bunyodkor.

En 2010, direction Palmeiras, où il ne parvient pas à faire redécoller sa carrière: s'il remporte la Coupe du Brésil 2012, le club de Sao Paulo végète dans la zone rouge en championnat, et faute de résultats, son entraîneur le quitte en septembre dernier, lesté d'un bilan médiocre en 2012 (22 victoires, 11 nuls, 18 défaites).

Mais son expérience du très haut niveau et du football de sélections en font l'homme idoine pour mener la génération Neymar au mythique stade Maracana, lieu de la finale du Mondial-2014, objectif obligatoire après les échecs en quarts de finale de 2006 et 2010.

Au Brésil, on est rassuré. Felipao connaît la maison.

ybl/stt/jr