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29/11/2012 04:14 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Birmanie: des dizaines de manifestants blessés par la police près d'une mine

MONYWA, Myanmar - Des dizaines de manifestants qui occupaient une mine de cuivre dans le nord-ouest de la Birmanie ont été blessés jeudi lors d'une opération de la police.

Les forces de l'ordre ont notamment utilisé des canons à eau pour disperser les moines bouddhistes et les villageois protestataires, à quelques heures de l'arrivée de l'opposante Aung San Suu Kyi, venue entendre leurs doléances.

Selon une infirmière de l'hôpital de Monywa, 27 moines et une autre personne ont été hospitalisés pour des brûlures causées par des projectiles. Deux moines plus gravement blessés ont été envoyés à l'hôpital à Mandalay, la deuxième ville du pays, à 2h30 de route.

Les autres manifestants évacués se sont rassemblés dans un temple bouddhiste à environ cinq kilomètres de l'entrée de la mine.

Les manifestants, qui ont installé six campements autour de la mine de Letpadaung, près de Monywa, estiment que l'exploitation de la mine provoque des dommages à l'environnement, des troubles de santé et des problèmes sociaux.

La répression qui s'est abattue sur eux, et en particulier sur les moines, pourrait transformer l'opération en fiasco pour le président Thein Sein, prompt à se féliciter de la transition démocratique en Birmanie.

«C'est inacceptable», a déclaré Ottama Thara, un moine âgé de 25 ans qui participe au mouvement. «Ce type de violence ne devrait pas arriver sous un gouvernement qui dit être engagé dans des réformes démocratiques.»

La mine de Letpadaung est exploitée par une entreprise chinoise et un groupe contrôlé par l'armée birmane. Le mouvement de protestation, qui a débuté en août, a entraîné l'arrêt de l'exploitation de la mine le 18 novembre, date du début de l'occupation de la zone, selon un communiqué du ministère birman de l'Intérieur.

Le gouvernement birman avait donné l'ordre aux manifestants de quitter les campements mardi soir à minuit. Certains ont obéi, mais d'autres, dont une centaine de moines, sont restés sur les lieux mercredi.

«Vers 2h30 (jeudi), la police a annoncé qu'elle nous laissait cinq minutes pour partir», a raconté Aung Myint Htway. Selon ce producteur d'arachides, la police a utilisé des canons à eau avant de tirer avec des pistolets lance-fusées.

«Ils ont tiré des balles noires qui explosaient en flammèches. Ils ont tiré environ six fois. Les gens se sont mis à courir et ils nous ont suivis», a relaté l'homme en se tordant de douleur à cause de sa peau brûlée.

Les manifestants réclament que le projet de mine soit totalement arrêté et demandent que toute concession minière dans le pays soit rendue publique dans les médias.