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28/11/2012 01:59 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

USA: Manning n'était pas suicidaire, selon un psychiatre de la prison

Un psychiatre avait exhorté la hiérarchie militaire à assouplir le régime de détention extrêmement restrictif du soldat Bradley Manning en raison de l'absence de risque de suicide, mais les autorités avaient ignoré ses recommandations, a admis mercredi un ex-responsable.

Le soldat américain de 24 ans, accusé d'avoir livré des milliers de documents secrets au site internet WikiLeaks lorsqu'il était analyste du renseignement en Irak, comparaît sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, est) au deuxième jour d'une audience préliminaire prévue pour durer jusqu'à dimanche.

Sa défense réclame l'abandon de toutes les charges, arguant que ses conditions d'emprisonnement pendant neuf mois à la prison militaire de Quantico, près de Washington, constituent une "punition illégale avant procès", proscrite par le code militaire.

Le capitaine William Hoctor, psychiatre de la Marine affecté à Quantico, n'était pas d'accord avec ces conditions de surveillance maximale et l'avait dit à la hiérarchie, a admis le colonel Robert Oltman, un ancien commandant de la base interrogé par la défense.

Mais son avis n'était qu'un "seul point de vue" et il fallait tenir compte d'autres facteurs, a-t-il ajouté. "Je n'allais pas prendre une décision uniquement avec son avis", a ajouté l'ancien responsable militaire, "il n'était pas le plus crédible selon moi".

Ce psychiatre est cité comme témoin, plus tard dans la journée de mercredi.

L'officier a admis que le régime de Prevention of Injury (POI), réservé aux détenus suicidaires et imposé à Bradley Manning, "était le seul moyen de s'assurer" que le prisonier ne "pourrait pas se faire de mal ni s'enfuir".

Le soldat était incarcéré sous ce régime de surveillance maximale ainsi que sous le statut de haute sécurité (MAX), de juillet 2010 à avril 2011, avant son transfert dans une autre prison militaire du Kansas.

Le soldat encourt la perpétuité pour avoir téléchargé depuis les ordinateurs du gouvernement puis transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale. Le procès en Cour martiale doit débuter le 4 février.

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