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28/11/2012 12:03 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Marée noire de 2010: le gouvernement américain écarte BP de futurs contrats

Le gouvernement américain a mis la pression sur BP mercredi en l'excluant temporairement de nouveaux contrats fédéraux en raison de son "manque d'intégrité" lors de la marée noire de 2010 dans le golfe du Mexique, une décision rare mais jugée symbolique par des analystes.

Le même jour, deux responsables du groupe pétrolier britannique ont plaidé non coupable devant un tribunal de La Nouvelle-Orléans (sud), où ils sont accusés de ne pas avoir empêché l'explosion en avril 2010 de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon. Onze personnes avaient péri dans l'accident et des centaines de millions de litres de brut s'étaient répandu dans le Golfe du Mexique.

Expliquant sa décision d'exclure temporairement BP de nouveaux contrats fédéraux, l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a pointé le "manque d'intégrité professionnelle de BP" lors de l'explosion de la plateforme, située à 80 kilomètres au large de La Nouvelle-Orléans.

BP vient d'accepter, dans un accord avec les autorités, de plaider "coupable" pour la marée noire et de payer plus de 4,5 milliards de dollars d'amende.

Le groupe fournit notamment du carburant à l'armée. Surtout, "ils ne seront pas autorisés à faire une offre pour de nouvelles concessions (du gouvernement) dans le golfe du Mexique", explique à l'AFP James Williams, du cabinet WTRG Economics. "Mais ils pourront continuer à se développer sur leurs concessions existantes et à produire", ainsi que sur "des terrains privés", ajoute-t-il.

BP souligne dans un communiqué que la décision "n'affecte aucun contrat existant" avec le gouvernement, relevant que depuis la marée noire, il a obtenu "plus de 50 nouvelles concessions" gouvernementales dans la région.

La portée de l'exclusion est donc surtout symbolique. M. Williams n'envisage "pas de conséquences à court terme" pour BP. "Cela pourrait avoir une influence à plus long terme si ça durait, mais j'en doute", a-t-il ajouté.

L'administration américaine a du reste annoncé mercredi soir la vente de droits d'exploration sur près de 8.100 hectares (20 millions d'acres) dans l'ouest du Golfe du Mexique, mais BP n'avait fait aucune offre. Une prochaine vente est prévue en mars.

D'après une source proche du dossier, les suspensions de l'EPA ne peuvent pas dépasser dix-huit mois. BP lui-même pense recevoir "bientôt" une proposition d'accord de l'EPA en vue de lever l'exclusion.

L'association de consommateurs Public Citizens a pour sa part applaudi la décision de l'EPA et estimé que si BP commet "d'autres infractions à la loi fédérale (...) l'exclusion devrait devenir permanente".

L'EPA a qualifié sa sanction de "pratique habituelle" quand la responsabilité d'une entreprise est mise en cause dans une procédure criminelle, mais elle n'a donné aucune indication sur d'éventuels précédents.

"Je ne me rappelle pas qu'ils aient fait ça avant", note M. Williams.

Les analystes jugent en tout cas le moment choisi pas anodin.

"Quelques jours après que la promotion du chef de BP aux Etats-Unis (Lamar McKay, en poste depuis trois ans, ndlr) à la tête des activités d'exploration et de production, le signal des Etats-Unis sur l'intégrité de la direction a une vraie signification", juge Peter Huttin chez RBC Capital Market.

Pour M. Williams, "il est possible que le gouvernement cherche à accroître la pression sur BP, pour peut-être passer des accords sur d'autres cas".

Dans un autre volet de l'affaire, deux responsables de BP, Robert Kaluza et Donald Vidrine, ont par ailleurs plaidé non coupable d'homicide, mercredi devant un tribunal de La Nouvelle-Orléans qui les accusent de ne pas avoir empêché l'explosion de la plateforme Deepwater Horizon.

Un autre responsable du groupe poursuivi pour obstruction à la justice après avoir menti sur la quantité de pétrole s'échappant du puits a aussi plaidé non coupable.

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