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28/11/2012 06:15 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Brésil/Transport: le tortueux voyage jusqu’au Mondial-2014

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Brésil/Transport: le tortueux voyage jusqu'au Mondial-2014 (DOSSIER, PAPIER D'ANGLE)

Par Laura BONILLA CAL

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RIO DE JANEIRO, 28 nov 2012 (AFP) - Les voyages au Brésil, pays grand comme seize fois la France, avec des embouteillages et des routes en mauvais état, des aéroports saturés et aucun train de passagers, constitueront le défi du Mondial 2014, dont la Coupe des Confédérations servira de test en juin.

Ce tournoi, dont le tirage au sort aura lieu samedi à Sao Paulo, réunira huit équipes du 15 au 30 juin, dans six des douze villes hôtes du Mondial.

Malgré les 13,6 milliards de dollars que le pays va consacrer à la préparation de la fête mondiale du football en 2014, il est impossible de compenser en quelques années des décennies de sous investissements dans les infrastructures, expliquent les experts.

Le plus grand défi, "ce sont les infrastructures autour des stades et pour y arriver (...). Les routes brésiliennes sont épouvantables, sauf à Sao Paulo, et les aéroports sont déplorables", a déclaré à l'AFP l'analyste sportif Juca Kfouri.

On estime que quelque 500.000 touristes étrangers et trois millions de Brésiliens assisteront pendant un mois aux matches du Mondial.

En dépit d'un réseau routier saturé -parcourir moins de 30 km à Rio peut prendre 2 heures et à Sao Paulo les embouteillages peuvent atteindre 250 km-, chaque jour, plus de 10.000 voitures neuves arrivent sur les routes du Brésil, avec un marché automobile en pleine croissance et encouragé par le gouvernement. Et 117 personnes meurent en moyenne chaque jour dans des accidents de la circulation.

Le transport aérien est sans doute plus sûr, mais tout aussi compliqué. Les aéroports sont vétustes et les rénovations prévues peuvent ne pas être terminées pour le Mondial.

La majorité "des aéroports du Brésil sont saturés. Si cela ne s'améliore pas, nous aurons des problèmes", a prévenu le président de l'Association latino-américaine et des Caraïbes du transport aérien (Alta), Roberto Kriete.

Le transport aérien a augmenté de plus de 120% au cours de la dernière décennie, avec notamment les 30 millions de pauvres qui ont rejoint la classe moyenne.

Le gouvernement a privatisé trois aéroports en 2011, deux à Sao Paulo et un à Brasilia, mettant fin au monopole d'Infraero, l'entreprise qui gère les aéroports du pays. Il a aussi confié à l'initiative privée la construction du nouvel aéroport de Natal (nord-est).

Mais les travaux prévus dans les aéroports de Sao Paulo n'ont pas commencé et les privatisations de Rio et Belo Horizonte sont en retard.

Et que les supporteurs étrangers soient prévenus: à l'heure actuelle, il n'est pas possible d'acheter un vol intérieur sur internet sans une carte de crédit brésilienne ! Ou alors en liquide, aux guichets des aéroports.

L'aviation d'affaires internationale pourrait aussi avoir de "graves problèmes" en raison du manque d'espace dans les aéroports brésiliens, a dit le président d'Avianca Brésil, José Efromovich.

"On parle de 800 à 1000 avions d'hommes d'affaires qui viendront pour apporter des millions d'investissements. Ils vont venir avec leur jet privé, mais où vont-ils stationner?", s'est-il demandé.

Pour Chris Gaffney, expert en urbanisme de l'Université UFF de Rio, "le transport sera très compliqué pendant le Mondial". "Il n'y aura pas de panneaux indicateurs en anglais sur les routes. Il n'y a pas de plan du réseau d'autobus à Rio, il n'y a pas de trains de passagers reliant une ville hôte à une autre", énumère-t-il.

La présidente Dilma Rousseff a certes annoncé en septembre la concession au secteur privé de 7500 km de routes et 10.000 km de voies ferrées, en échange de leur construction ou de leur amélioration, avec des investissements prévus à hauteur de 66 milliards de dollars. Mais cela concerne surtout le transport de marchandises.

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