NOUVELLES
28/11/2012 05:55 EST | Actualisé 28/01/2013 05:12 EST

Brésil-Fifa: un mariage de raison et d'intérêts financiers

Le Brésil et la Fifa ont été obligés de se faire des concessions mutuelles au-delà de ce qu'ils auraient souhaité pour préserver leur entente et préparer une Coupe des Confédérations 2013 et un Mondial-2014 si possible aussi réussis que lucratifs.

"Nous n'essayons plus de nous battre, car cela ne sert à rien. A la différence d'un couple, la Fifa et le Comité local d'organisation (Col) ne peuvent pas divorcer", a commenté lundi à Rio de Janeiro le secrétaire général de la Fifa, Jérôme Valcke, à l'ouverture de la Soccerex, la grand messe annuelle du football mondial.

Jérôme Valcke a mis cette fois les gants, mais n'en a pas moins averti le Brésil qu'il lui restait "du travail" pour organiser un Mondial-2014 irréprochable.

Le ballon d'essai sera la Coupe des Confédérations 2013, un tournoi qui réunira huit équipes du 15 au 30 juin dans six des douze villes hôtes du Mondial et dont le tirage au sort aura lieu samedi à Sao Paulo.

Pour la Coupe des Confédérations, "ça va marcher" malgré certains retards, a souligné M. Valcke, à l'origine de la pire crise entre le Col et la Fifa.

En mars, il avait affirmé que le Brésil devait "se botter les fesses" pour accélérer les préparatifs du Mondial. Le gouvernement brésilien avait piqué une grosse colère, le traitant de "bavard" et "d'arrogant". Il n'en voulait plus comme interlocuteur.

Après ce tollé, le patron de la Fifa, Joseph Blatter, avait dû présenter ses excuses. Et M. Valcke également, pour clore l'incident diplomatique.

A 18 mois du Mondial, le Brésil et la Fifa semblent avoir scellé la paix, et assurent travailler main dans la main.

Aujourd'hui, les inquiétudes de la Fifa concernent essentiellement les transports dans les douze villes hôtes, et la liaison entre elles, ainsi que l'hébergement du demi-million de fans étrangers attendus.

"Les aéroports les plus importants sont en train d'être agrandis et si besoin, nous travaillerons avec des terminaux provisoires, déclare à l'AFP Luis Fernandes, représentant du gouvernement au Col. Notre plan garantit la réalisation des événements et répond à toutes les exigences, tous les compromis signés avec la Fifa."

"Les Brésiliens, on n'a plus besoin de les rappeler à l'ordre", s'est félicité M. Blatter, lors d'une interview à l'AFP à Zürich.

Après avoir mis un coup d'accélérateur aux travaux, le géant sud-américain a approuvé une loi en milieu d'année qui autorise la vente de bière dans les stades pendant les matches. Cette mesure vise à favoriser le brasseur Budweiser, l'un des principaux sponsors de la Fifa.

Jusque-là, la vente d'alcool était interdite dans les stades brésiliens. Mais la Fifa a exercé une forte pression sur le gouvernement pour annuler cette loi, malgré la forte opposition du puissant groupe parlementaire évangélique.

Le 6 juin, la présidente Dilma Rousseff a promulgué la Loi générale de la Coupe du monde, mais a frustré les expectatives de la Fifa en laissant aux Etats fédérés le choix de libérer la vente ou non.

Et la Fifa s'est vue à contre-coeur obligée de négocier avec sept des douze villes hôtes qui y sont opposées.

"Le football est un négoce avec beaucoup d'intérêts en jeu. Son succès se mesure en buts marqués autant qu'en bénéfices obtenus", affirme à l'AFP Pedro Trengrouse, consultant des Nations unies pour 2014.

Cela a représenté le plus dur "apprentissage du Brésil par rapport à la Fifa", estime-t-il. "Et pour la Fifa, la Coupe du Brésil est déjà un succès; elle a déjà engrangé plus de revenus publicitaires et de droits de diffusion qu'en Afrique du Sud 2010", a-t-il ajouté.

En 2011, la Fifa a gagné un milliard de dollars. Elle prévoit d'en empocher quatre milliards d'ici à 2014, affirme M. Trengrouse.

vel/cdo/pal/ybl/sk