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27/11/2012 07:38 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Un projet de loi sur les transgenres divise les conservateurs de Stephen Harper

OTTAWA - Les conservateurs de Stephen Harper se sont positionnés comme étant de grands défenseurs des droits des homosexuels sur la scène internationale, mais les troupes du premier ministre sont plutôt divisées à propos d'un projet de loi qui vise la reconnaissance de certains de ces droits au Canada.

Les députés étudient actuellement un projet de loi privé qui rendrait illégales la discrimination envers les Canadiens transgenres et la propagation de la haine basée sur l'identité ou l'expression sexuelles. Si tous les transgenres ne sont pas homosexuels, les causes qui les touchent sont souvent représentées par les membres de la communauté gaie et lesbienne.

Aux Communes, les conservateurs qui s'occupent du dossier sont divisés. Deux d'entre eux, la députée manitobaine Shelly Glover et la députée britanno-colombienne Kerry-Lynne Findlay, ont laissé entendre qu'elles voteraient en faveur du projet de loi si quelques amendements y étaient apportés. Avec le soutien des députés néo-démocrates et libéraux, le projet de loi pourrait donc retourner aux Communes, où il ferait l'objet de deux autres importants votes.

Mme Glover, une ex-policière de la ville de Winnipeg, a livré un témoignage émouvant mardi quand elle a expliqué pourquoi elle appuie une protection particulière pour les transgenres. Elle a rapporté des cas de brutalité extrême à l'endroit de certains membres de cette communauté et déclaré qu'il était important de tenir compte du fait que ce projet de loi donnerait un sentiment d'appartenance à davantage de Canadiens.

Elle a ajouté qu'elle s'opposait «de tout coeur» à l'idée qu'un projet de loi n'ait qu'une valeur symbolique et dit qu'elle souhaitait que les transgenres puissent se rendre en cour ou dans un commissariat en sachant que la question de l'identité sexuelle est incluse dans le Code criminel et dans la Loi canadienne sur les droits de la personne.

La Commission canadienne des droits de la personne a également indiqué au comité que la Loi canadienne sur les droits de la personne devrait être élargie afin qu'elle interdise la discrimination basée sur l'identité sexuelle.

«Cela permettrait de promouvoir l'acceptation et d'envoyer le message que tout le monde a droit d'être traité avec égalité, dignité et respect au Canada», a déclaré le directeur général de la Commission, Ian Fine.

Un projet de loi à ce sujet a été adopté par le Parlement, alors minoritaire, en février 2011, et sans le soutien de la majorité des conservateurs. Il est mort au feuilleton quand la dernière élection fédérale a été déclenchée.

Cette fois, le projet s'est rendu jusqu'à un comité de la Chambre des communes, et il est appuyé par 15 conservateurs, notamment le ministre des Finances, Jim Flaherty, la ministre du Travail, Lisa Raitt, ainsi que Mmes Glover et Findlay. Neuf autres députés conservateurs se sont abstenus de voter en juin dernier.