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27/11/2012 10:45 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Tzipi Livni revient en politique et menace la réélection de Nétanyahou

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, qui semblait se diriger vers une réélection facile il y a quelques semaines, semble désormais vulnérable, alors que le pays se prépare à retourner aux urnes en janvier.

Le retour en politique d'une populaire ancienne ministre des Affaires étrangères, annoncé mardi, et le choix de candidats partisans de la ligne dure pour représenter le Likoud aux élections de janvier ont subitement soulevé des questions sur les chances de victoire de M. Nétanyahou.

Les partis de l'opposition, qui présentent Benyamin Nétanyahou comme un extrémiste, voient dans cette configuration une occasion de déloger le premier ministre sortant.

Battre Benyamin Nétanyahou dans les urnes reste une tâche difficile, mais le retour de Tzipi Livni, qui a été ministre des Affaires étrangères et chef des négociations de paix avec les Palestiniens de 2006 à 2009, change la donne dans une course jusque-là considérée comme terne.

Mme Livni, très respectée sur la scène internationale, s'est attaquée mardi à ce qu'elle a appelé le « vide du pouvoir » et a promis un plan énergique pour conclure la paix avec les Palestiniens.

« Je suis venue pour me battre pour la paix », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Tel Aviv. « Je ne laisserai personne transformer la paix en méchant mot. »

Mme Livni, âgée de 54 ans, a annoncé qu'elle lançait un nouveau parti, nommé « Le Mouvement », qui tentera de relancer les négociations de paix avec les Palestiniens.

« J'ai décidé de donner une option à ceux qui n'ont personne pour qui voter », a-t-elle expliqué. « Ce parti va raviver l'espoir perdu. »

Les discussions avec les Palestiniens sont dans l'impasse depuis quatre ans en raison de l'intransigeance de Benyamin Nétanyahou, a-t-elle estimé.

Les Palestiniens refusent de reprendre les négociations tant qu'Israël ne cessera pas la construction de colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des territoires occupés que les Palestiniens revendiquent pour leur futur État.

Benyamin Nétanyahou blâme les Palestiniens pour ce blocage. Le premier ministre a imposé un gel partiel des constructions dans les colonies au début de son mandat, ce qui a permis une brève tentative de reprise des négociations.

Mais M. Nétanyahou a refusé de prolonger le moratoire et les négociations ont rapidement avorté. Le premier ministre israélien estime que les discussions devraient reprendre sans condition préalable.

L'impasse a poussé le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à présenter plus tard cette semaine à l'ONU une résolution visant à accorder à la Palestine le statut d'État observateur des Nations unies. L'assemblée générale de l'ONU devrait adopter la résolution sans difficulté.

Les Palestiniens estiment que cet appui international, dont la portée est surtout symbolique, les aidera à renforcer leur position lors d'une éventuelle reprise des discussions avec Israël. Le gouvernement israélien, appuyé par les États-Unis, s'oppose à la résolution et presse ses alliés de s'y opposer aussi, affirmant que les divergences entre Israéliens et Palestiniens doivent être résolues par des négociations.

La France a annoncé mardi qu'elle appuierait la demande des Palestiniens à l'ONU.

Alors qu'aucune discussion n'est engagée avec l'Autorité palestinienne, pourtant soutenue par les pays occidentaux, le gouvernement israélien a ouvert cette semaine un dialogue indirect avec le Hamas, après le cessez-le-feu conclu la semaine dernière entre Israël et le mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza. Israël considère le Hamas comme un groupe terroriste.

« Tout est sens dessus dessous : un gouvernement qui négocie avec des terroristes et qui gèle tout dialogue avec ceux qui travaillent à empêcher les attaques », a estimé Tzipi Livni.

Mme Livni a déclaré aux journalistes que les récents affrontements entre Israël et les militants du Hamas dans la bande de Gaza, dans le cadre desquels l'un de ses fils a été mobilisé dans le sud d'Israël, avaient pesé dans sa décision de revenir en politique.

« Il y a une semaine, quand mon plus jeune fils [...] est parti dans le sud, je lui ai envoyé un message texte pour lui dire que j'avais décidé de me battre sur mon propre territoire, la politique, afin qu'il n'ait peut-être plus à se battre sur son territoire, le champ de bataille », a-t-elle raconté.

Le retour en politique de Mme Livni survient au lendemain de l'annonce de la retraite politique du ministre de la Défense, Ehoud Barak. Ancien premier ministre et ex-chef d'état-major de l'armée israélienne comptant parmi les soldats les plus décorés du pays, M. Barak a précisé qu'il resterait en poste jusqu'à la formation du futur gouvernement issu du scrutin du 22 janvier.

Associated Press