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27/11/2012 11:51 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

RDC : le M23 pose de nouvelles conditions

Les rebelles du M23, qui devaient quitter la ville de Goma en République démocratique du Congo (RDC), posent de nouvelles conditions pour concrétiser leur retrait de la ville stratégique.

Le chef militaire des rebelles, le général Sultani Makenga, avait accepté de se conformer à la décision des États de la région lors du sommet de Kampala, samedi dernier. M. Makenga avait indiqué que ses troupes quitteraient la capitale du Nord-Kivu d'ici vendredi.

La déclaration du sommet - qui réunissait les cinq États de l'Afrique des Grands Lacs (l'Ouganda, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie et le Kenya) - demandait aux rebelles de mettre un terme à la guerre et de se retirer de Goma dans les 48 heures. Le sommet de Kampala leur demandait également de demeurer à 20 km au nord de la ville qu'ils avaient prise le 20 novembre dernier.

Mais voilà que le chef politique des rebelles, Jean-Marie Runiga, pose de nouvelles conditions. Ce dernier exige l'ouverture de négociations nationales avec le gouvernement de Kinshasa, la libération de prisonniers politiques et la dissolution de la commission électorale.

« Nous voulons l'implication de l'opposition politique, de la société civile et de la diaspora pour régler les problèmes ensemble, pour que les gens puisent entendre la vérité et qu'une fois pour toutes nous trouvions une solution aux problèmes qui empoisonnent notre société et notre vie politique », a déclaré M. Runiga.

Une farce, selon Kabila

Des exigences aussitôt qualifiées de « farce » par le gouvernement congolais du président Joseph Kabila. « C'est une farce, c'est le mot », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Sur le terrain, les rebelles ne démontrent aucun signe qu'ils s'apprêtent à lever le camp. Ils continuent plutôt d'assurer la garde des sites stratégiques de la ville. Ils ont même renforcé leurs positions autour de Goma se déployant sur les hauteurs entourant la ville.

L'est de la RDC est le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis une vingtaine d'années, en raison de ses richesses minières et agricoles, que dispute le gouvernement congolais à certains pays voisins, principalement le Rwanda et l'Ouganda. L'ONU accuse ces pays de soutenir le M23, ce que démentent les deux pays.

Le M23 est composé d'anciens rebelles qui avaient intégré l'armée en 2009 avant de se mutiner en avril pour reprendre les combats contre elle dans la région du Kivu.