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27/11/2012 11:23 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

ONU: la France votera "oui" à un nouveau statut de la Palestine

La France votera cette semaine en faveur de l'octroi d'un nouveau statut rehaussé de la Palestine à l'ONU - celui d'Etat observateur -, a annoncé mardi le chef de la diplomatie, Laurent Fabius.

"Ce vote, nous allons le faire avec cohérence et lucidité. Vous savez que depuis des années et des années, la position constante de la France a été de reconnaître l'Etat palestinien. C'est la raison pour laquelle jeudi ou vendredi prochain, quand la question sera posée, la France répondra +oui+ par souci de cohérence", a déclaré Laurent Fabius, devant les députés français.

Les Palestiniens, qui ne sont actuellement à l'ONU qu'une simple "entité observatrice", ont annoncé leur intention de demander jeudi à l'Assemblée générale de l'ONU un statut d'Etat non-membre.

Le ministre a rappelé que cette position constante de Paris en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien avait été exprimée en 1982 devant la Knesset par l'ex-président socialiste François Mitterrand.

Elle avait été réaffirmée l'an dernier sous la présidence de Nicolas Sarkozy (droite) lors de l'admission de la Palestine à l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) et figurait dans le programme de campagne présidentielle du candidat François Hollande.

"Mais, en même temps, il faut faire preuve de beaucoup de lucidité, d'une part parce que le texte (de la demande palestinienne) est actuellement en discussion et d'autre part parce que le moment où cette question va être proposée est très délicat", a poursuivi Laurent Fabius.

Le ministre a évoqué à cet égard le cessez-le-feu "extrêmement fragile" à Gaza, la perspective des élections israéliennes et le changement prochain de l'administration américaine.

"C'est seulement par la négociation - que nous demandons sans conditions et immédiate - entre les deux parties qu'on pourra aboutir à la concrétisation d'un Etat palestinien. Si l'on est à la fois cohérent et lucide, à ce moment-là, on travaillera pour la paix", a-t-il conclu.

La semaine dernière, M. Fabius, s'exprimant devant le Sénat, avait déjà laissé entendre qu'il était plutôt favorable à ce changement de statut alors que la présidence française semblait jusqu'alors plutôt encline à choisir l'abstention.

"Cette annonce illustre l'engagement de la France envers la démocratie et les droits de l'Homme et reflète la volonté de la majorité du peuple français, qui soutient la quête de la Palestine pour la liberté et le droit à l'autodétermination", s'est félicité le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh.

"Nous sommes très reconnaissants à la France et nous appelons les autres gouvernements européens à annoncer leur soutien à la liberté palestinienne", a-t-il plaidé.

Côté israélien, le gouvernement de Benjamin Netanyahu n'a pas souhaité réagir directement.

"Notre position est bien connue. Cette démarche est en rupture fondamentale avec les accords existants (...), et à ce titre est préjudiciable à la paix. Les chances de reprise des négociations de paix après ce vote (à l'ONU) seront encore plus faibles", a estimé le porte-parole des Affaires étrangères Yigal Palmor.

"Quant à la position de la France, ce n'est pas une surprise. Nous savions que la France était encline à voter pour cette résolution", a ajouté M. Palmor.

Fidèle soutien d'Israël, les Etats-Unis, eux, sont catégoriquement opposés à la démarche palestinienne à l'ONU.

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