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27/11/2012 10:23 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

En Haïti, Ruth, Texane de 70 ans, participe à la reconstruction

"Je n'ai aucune expérience dans la construction", sourit Ruth, "enchantée d'être utile": comme 600 volontaires américains et européens, cette Texane de 70 ans participe en Haïti à la reconstruction de Santo, une commune proche de l'épicentre du séisme de 2010.

Par près de 40° C, Ruth Schulte plante vaillamment des clous dans la structure de bois de la petite maison qu'elle achève de construire pour Lisa Wilma, qui a tout perdu dans le séisme de janvier 2010, qui avait fait plus de 200.000 morts. Dans le pays, quelque 400.000 personnes vivent toujours dans des abris provisoires, près de trois ans après la catastrophe.

Originaire de Houston, Ruth prête ses services à l'opération visant à construire 100 maisons en une semaine lancée par l'ONG Habitat pour l'humanité avec le soutien de l'ex-président américain Jimmy Carter dans la localité de Santo, proche de Léogâne, épicentre du séisme de 2010, à l'ouest de la capitale Port-au-Prince.

La Texane accompagne la Léoganaise dans la finition de sa future résidence: "Lisa et ses 5 enfants vont enfin avoir un toit", se réjouit Ruth.

Comme elle, les centaines de volontaires, outils en main, participent au grand chantier pour ériger les maisons devant héberger des sans-abri d'Haïti.

Un défi auquel Elizabeth Farrac et son mari originaires de la Virginie se livrent avec plaisir: "Ce sont les meilleures vacances que j'ai jamais eues", dit en français cette fonctionnaire de la Banque internationale de développement qui oeuvre à achever le logis de Davidson Rocher, un animateur de radio qui avait juste le temps de s'échapper avant l'effondrement de sa maison.

"Depuis plus de deux ans, je traînais ma vie de tente en abri provisoire, maintenant je sais que je vais avoir ma maison grâce à ces gens. Je leur suis reconnaissant", souligne le jeune homme.

"J'adore cette expérience. C'est merveilleux de faire une différence dans la vie des gens", se réjouit de son côté David Fischer, venu de l'Ohio avec 12 salariés de sa société d'emballage Greif.

En 2011, Habitat pour l'humanité avait déjà relogé près de 200 familles à Léogêne. Cette année, encore avec l'aide de l'ex-président américain Jimmy Carter et de sa femme Rosalyn, 100 nouvelles maisons seront livrées.

"Le projet d'Haïti est le plus difficile que nous avons réalisé", témoigne l'ancien président qui a des activités identiques dans de nombreux pays en Amérique latine et aux Philippines avant de présenter dans un sourire son épouse: "Mon patron depuis 66 ans".

Rosalyn Carter, qui en est à son 11e voyage en Haïti, dit sa fierté de contribuer à cette activité: "Nous sommes contents de voir que nous pouvons influencer les choses en Haïti".

Aux yeux de l'ex-président américain, Haïti et son gouvernement "méritent le support de la communauté internationale". "Je suis déçu de voir que peu d'infrastructures ont été réalisées en Haïti depuis 2010. Les Haïtiens font de leur mieux, mais ils ont besoin d'aide", plaide-t-il.

"Nous construisons des maisons de 26 m2, mais il y a encore de l'espace pour agrandir. Il y a des latrines, une douche et des lampadaires solaires dans le quartier", explique Claude Jeudy, directeur pour Haïti d'Habitat pour l'humanité.

Dans les constructions achevées et habitées depuis un an, les familles goûtent à la joie d'être propriétaire: "Ce n'est pas l'idéal, mais nous avons un endroit sûr et nous ne payons pas de loyer", se félicite Martine Saint-Jean en recevant de deux volontaires irlandais des photos souvenirs des travaux de 2011.

"C'est fantastique de revoir ce que nous avons aidé à construire. Avant, il n'y avait rien ici", se réjouissent, émus, Noel Ryan et David Mc-Cooey.

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