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27/11/2012 04:54 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Arafat exhumé pour élucider les causes de sa mort il y huit ans

La tombe de Yasser Arafat a été ouverte mardi quelques heures afin d'effectuer des prélèvements, confiés à des experts internationaux qui doivent tenter de déterminer huit ans après sa mort si le dirigeant historique palestinien a été empoisonné.

L'opération, qui s'inscrit dans le cadre d'une enquête judiciaire française pour assassinat, a commencé à 05H00 locales (0H300 GMT) et s'est achevée en milieu de matinée avec la fermeture de la tombe.

Une cérémonie militaire a ensuite été organisée devant le mausolée, situé dans l'enceinte de la Mouqataa, le siège de la présidence de l'Autorité palestinienne à Ramallah (Cisjordanie). Des gerbes ont été déposées devant la tombe par des hauts dirigeants palestiniens, dont le Premier ministre Salam Fayyad.

"Toute la procédure est achevée. Les prélèvements ont été effectués sans sortir la dépouille de la tombe et ont été remis aux experts français, suisses et russes", a déclaré Taoufiq Tiraoui, le président de la commission d'enquête palestinienne sur la mort d'Arafat, précisant qu'"aucun étranger n'a touché la dépouille".

"Aujourd'hui, l'esprit d'Arafat est sorti de la tombe pour nous soutenir dans notre démarche à l'ONU", a-t-il déclaré à la télévision. Le président palestinien Mahmoud Abbas est parti mardi pour New York, où l'Assemblée générale de l'ONU doit se prononcer jeudi sur la demande palestinienne d'obtenir le statut d'Etat observateur.

Trois juges français, saisis d'une enquête pour assassinat sur plainte contre X de la veuve d'Arafat, Souha, ont assisté à l'opération, en présence de la plus haute autorité islamique palestinienne, le mufti Mohammad Hussein.

L'accès à la Mouqataa, où se trouve la tombe, était interdit mardi aux médias. Seule la télévision nationale palestinienne a été autorisée à filmer la cérémonie après la fermeture de la tombe.

Les experts internationaux -- Russes et Suisses ayant été mandatés par l'Autorité palestinienne -- doivent tenter de déterminer si le dirigeant palestinien a été empoisonné.

L'hypothèse d'un empoisonnement a été relancée par la diffusion en juillet d'un documentaire d'Al-Jazeera révélant des traces de polonium, substance radioactive hautement toxique, sur des effets personnels du dirigeant palestinien confiés par sa veuve à la chaîne qatarie, qui les a fait analyser par un laboratoire suisse.

Arafat est mort à 75 ans le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire de la région parisienne, où il avait été transféré avec l'accord d'Israël qui l'assiégeait depuis plus de deux ans à la Mouqataa.

Les causes de sa mort n'ont pas été élucidées, et beaucoup de Palestiniens accusent Israël, qui a toujours nié, de l'avoir empoisonné. Le dossier médical, mis en ligne le 12 juillet par la Fondation Yasser Arafat sur son site, www.yasserarafat.ps, n'apporte pas d'information décisive.

"En tant que patriotes palestiniens, nous sommes convaincus que les Israéliens ont assassiné le président Arafat", affirmait récemment Taoufiq Tiraoui.

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères Yigal Palmor a dénoncé dimanche une "mascarade".

L'exhumation a également provoqué des tensions familiales, le neveu d'Arafat, Nasser al-Qidwa, président de la Fondation Yasser Arafat, convaincu d'un empoisonnement par Israël, s'étant élevé contre "une idée détestable".

Souha Arafat a réitéré mardi sa conviction que l'exhumation permettrait de "connaître la vérité".

"C'est un devoir envers l'Histoire et envers le peuple palestinien qui exige de savoir qui a tué Yasser Arafat", a déclaré à l'AFP par téléphone Souha Arafat, qui vit à Malte.

Selon des experts, les résultats des analyses ne devraient pas être connus avant des mois.

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