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27/11/2012 05:57 EST | Actualisé 27/01/2013 05:12 EST

Après les hostilités, le Hamas cautionne la démarche de Abbas à l'ONU

Le Hamas a officiellement cautionné l'initiative du président palestinien Mahmoud Abbas pour obtenir un Etat observateur à l'ONU, faisant provisoirement taire les divergences entre son chef en exil et ses dirigeants à Gaza.

Khaled Mechaal, chef du bureau politique en exil, a tranché le débat lundi en exprimant "dans une conversation téléphonique avec le président Abbas l'agrément du Hamas à la démarche à l'ONU pour obtenir le statut d'Etat observateur", selon un communiqué du mouvement islamiste.

Le même jour, un de ses lieutenants, Ezzat al-Rishq, a "salué la démarche à l'ONU", tout en excluant de "concéder ou sacrifier un pouce de la terre palestinienne, de la mer (Méditerranée) au fleuve (Jourdain)", en référence à la Palestine mandataire d'avant 1948, soit Israël et les Territoires palestiniens occupés depuis 1967.

A Gaza, qu'il gouverne depuis 2007, le Hamas, rétif à la démarche de Mahmoud Abbas, dont l'Autorité palestinienne ne contrôle plus que les zones autonomes de Cisjordanie, est rentré dans le rang.

"Le Hamas salue toute initiative, y compris celle consistant à aller aux Nations unies, tant que cela ne porte pas préjudice aux droits des Palestiniens", a déclaré lundi un porte-parole du mouvement à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Déjà le 17 novembre, le numéro deux du Hamas, Moussa Abou Marzouk, en exil au Caire, avait exhorté M. Abbas à "ne pas renoncer à aller à l'ONU" sous la pression israélienne, estimant que l'offensive lancée trois jours auparavant à Gaza, qui s'est achevée le 21 novembre, visait également à le dissuader de son projet.

"Il y a eu beaucoup de déclarations de dirigeants du Hamas montrant leur soutien à Abou Mazen (le surnom de Mahmoud Abbas, NDLR) dans son initiative à l'ONU", a indiqué à l'AFP un responsable du Hamas à Gaza, Ahmad Youssef. "Abou Mazen ira à l'Assemblée générale conforté par le soutien du Hamas", a-t-il assuré.

Le 22 novembre, le porte-parole du chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, avait pourtant démenti avoir approuvé la démarche à l'ONU, qu'un important dirigeant à Gaza, Mahmoud Zahar, a même qualifiée samedi de "reconnaissance de renonciation officielle aux frontières de 1948".

Le projet de résolution qui sera soumis jeudi au vote de l'Assemblée générale, où il devrait aisément recueillir la majorité simple requise, appelle à "un règlement pacifique", avec l'établissement d'un Etat de Palestine "vivant aux côtés d'Israël en paix et en sécurité, sur la base des frontières d'avant 1967".

"Le Hamas et le Fatah tentaient mutuellement de se marginaliser", explique Moukhaïmer Abou Saada, professeur de science politique à l'Université Al-Azhar de Gaza, "c'est pourquoi le Hamas ne soutenait pas la démarche d'Abou Mazen à l'ONU".

"Mais cette opposition n'est plus aussi ferme qu'elle l'était avant l'offensive" israélienne, estime-t-il, les dirigeants du Hamas "ne l'expriment plus aussi fortement, il y a un soutien tacite à Abou Mazen: +Allez-y et si vous obtenez un Etat à l'ONU, tant mieux+".

"Le moment est venu de mettre fin à la division politique entre la Cisjordanie et Gaza parce qu'Israël l'a exploitée pour dire que Mahmoud Abbas ne représentait pas tous les Palestiniens et que sa demande d'Etat observateur à l'ONU ne devait pas être acceptée, étant donné qu'il n'a aucun contrôle sur Gaza", souligne Moukhaïmer Abou Saada.

Un haut responsable israélien a ainsi affirmé vendredi à l'AFP sous le couvert de l'anonymat trouver "étrange que Mahmoud Abbas aille à l'ONU demander un statut d'Etat alors qu'il n'a d'autorité que sur la moitié du peuple palestinien".

Khaled Mechaal a "insisté sur la nécessité de parvenir à la réconciliation nationale en profitant de l'atmosphère positive après la victoire remportée par notre peuple à Gaza".

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