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26/11/2012 07:25 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Tunisie: une quarantaine de détenus toujours en grève de la faim (ministère)

Au moins une quarantaine de détenus salafistes étaient toujours en grève de la faim lundi, a indiqué à l'AFP le ministère de la Justice, quelques heures après qu'il a annoncé par "erreur" l'arrêt de ce mouvement de contestation qui a déjà fait deux morts.

"Après vérification, uniquement une partie des grévistes ont arrêté. On n'a pas de nombre fixe, car ça varie tout le temps", a déclaré Fadhel Saihi, un haut responsable du ministère, assurant s'être "trompé" lorsqu'il a annoncé la fin dimanche de ce mouvement de contestation.

"Sur environ 120 grévistes au départ, environ 80 ont arrêté, donc il en reste à peu près quarante", a-t-il ajouté.

M. Saihi avait affirmé plus tôt que tous les détenus, à l'exception d'un seul, avaient mis fin à leur mouvement visant à obtenir leur libération.

Environ 120 islamistes radicaux, selon les autorités, et plus de 200 d'après leurs avocats, avaient cessé de s'alimenter pour dénoncer leur placement en détention préventive dans le cadre d'enquêtes sur des vagues de violences en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011.

La plupart d'entre eux ont commencé leur grève de la faim après la mort à la mi-novembre de deux militants salafistes qui avaient passé deux mois sans s'alimenter.

Interrogé par l'AFP, l'avocat Abdelbasset Ben Mbarek a affirmé qu'aucun gréviste n'avait arrêté son action.

"Ils veulent comparaître libres", a-t-il dit à l'AFP. Les affirmations du ministère de la Justice "visent à induire l'opinion publique en erreur".

"Ce sont des prisonniers d'opinion, pas des prisonniers de droit commun, qui sont les victimes d'une politique d'assassinat de leurs idées, ce qui ne fait que renforcer leurs conviction", a ajouté cet avocat à l'antenne de la radio Mosaïque FM.

La semaine dernière, le ministère de la Justice avait déjà annoncé que la majorité des grévistes de la faim avaient accepté de se nourrir de nouveau, ce que leurs représentants avaient immédiatement démenti.

Quelque 220 salafistes ont été placés en détention depuis 2011, selon M. Saihi. Jusqu'à présent, les autorités évoquaient 168 détenus, dont une quinzaine ont été libérés ces deux dernières semaines. Plus de la moitié d'entre eux sont soupçonnés d'avoir participé à l'attaque contre l'ambassade des Etats-Unis le 14 septembre à Tunis.

La mouvance salafiste rigoriste, qui se dit victime d'une répression injustifiée, estime pour sa part à 900 le nombre de ses partisans emprisonnés.

Dans le même temps, le gouvernement tunisien, dirigé par les islamistes modérés d'Ennahda, est accusé par l'opposition et une partie de la société civile de laxisme voire de complaisance vis-à-vis des groupuscules radicaux prônant la violence.

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