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26/11/2012 06:04 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Espagne: le Real Madrid boude-t-il son centre de formation?

Alors que le Real Madrid, déjà à 11 points du FC Barcelone en Liga, s'apprête à disputer mardi son match retour des 16e de finale de Coupe du Roi, le centre de formation du club, très critiqué par Mourinho, est sous le feu des projecteurs.

Avant le match aller, remporté 4 à 1 par les Madrilènes sur le terrain du modeste club d'Alcoyano (3e division), l'entraîneur portugais avait été accusé par la presse de ne pas faire assez confiance aux jeunes formés au club, leur préférant des éléments achetés à l'extérieur.

Mourinho avait contre-attaqué en rejetant la faute sur le travail du centre de formation. En ligne de mire: l'entraîneur de l'équipe réserve Alberto Toril, qui alignerait des joueurs "trop vieux" (24-25 ans) et n'appliquerait pas le même système de jeu que l'équipe A.

Avec 15 joueurs "made in Real" testés en équipe première, Mourinho est certes devant ses prédécesseurs Schuster (2 en deux ans) ou Pellegrini (2 en trois ans), mais derrière Del Bosque (19 en quatre ans), qui aura véritablement lancé la carrière de joueurs comme Raul, Bravo ou Pavon.

Pour l'international Juanfran, formé au Real avant d'aller chercher fortune ailleurs, c'est clair, "depuis Del Bosque, aucun entraîneur du Real Madrid n'a fait confiance au centre de formation".

Exemple caricatural: en 2010/2011, Mourinho avait à disposition le jeune Alvaro Morata comme troisième attaquant derrière Benzema et Higuain, mais il avait préféré faire venir expressément Adebayor, pour une pige décevante.

Cette année, "Mou" ne s'est pas non plus battu pour retenir le défenseur Carvajal (20 ans) ou le milieu Joselu (22 ans), qui font respectivement le bonheur du Bayer Leverkusen et de Hoffenheim en Allemagne.

Oscar Minambres, ancien joueur également lancé par Del Bosque, regrettait lui aussi récemment dans "Marca" que le club ne fasse pas davantage confiance à ses poulains: "Le Real devrait se tourner davantage vers son centre de formation, (...) exactement comme le fait le Barça à l'heure actuelle". Un FC Barcelone qui avait une équipe 100% formée au club pendant plus d'une heure dimanche en championnat lors de la victoire 4-0 à Levante.

Mais d'autres voix rappellent que Mourinho ne fait que perpétuer la politique traditionnelle du club: "Avec toutes ces stars, cela a toujours été difficile de percer au Real. Avec Del Bosque, nous débutions peut-être, mais beaucoup d'entre nous n'explosaient véritablement qu'une fois sortis du Real", rappelle Enrique Corrales, lancé en 2000 par Del Bosque avant que sa carrière ne décolle franchement avec l'Osasuna Pampelune.

Autre témoin à prendre la défense de Mourinho: Alberto Giraldez, directeur de la formation du Real jusqu'à l'été 2012, qui ne pense pas non plus que le Portugais boude délibérément ses jeunes pupilles.

Pour Giraldez, le club merengue a en fait un modèle de formation différent: "Il y a des clubs comme Arsenal qui recrutent des joueurs à 16-17 ans. D'autres comme le Barça qui font monter leurs jeunes en équipe première. Et d'autres encore comme le Real qui forment des joueurs, les prêtent à d'autres clubs pour les aguerrir puis les font revenir s'ils décèlent de vraies capacités comme ce fut le cas pour De La Red, Arbeloa ou Callejon".

Les jeunes attaquants Morata ou Jesé ont donc encore de l'espoir: ils pourront peut-être un jour marcher dans les pas d'un certain Raul, symbole-même du "made in Real".

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