NOUVELLES
26/11/2012 06:44 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Ehud Barak, ancien héros militaire d'Israël et piètre politique

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak est l'un des militaires les plus prestigieux d'Israël, mais sa carrière politique, construite sur le mythe du combattant engagé dans "la bataille de la paix" avec les Palestiniens, est beaucoup plus chaotique.

M. Barak a créé une énorme surprise en annonçant lundi son retrait de la vie politique avant les élections législatives du 22 janvier. Il a ainsi mis un point final, à moins d'un nouveau retournement, à une vie politique où ses chances de survie ne cessaient de s'amoindrir.

Agé de 70 ans, de petite taille, enrobé, ce pur produit de l'establishment israélien affiche souvent un visage jovial.

Longtemps résidant dans l'une des tours les plus luxueuses de Tel-Aviv, il a été accusé par les médias d'être déconnecté de la réalité sociale israélienne, en dépit de sa longue appartenance à la gauche.

Ancien leader et Premier ministre travailliste, puis fidèle allié de la droite dirigée par Benjamin Netanyahu, ses multiples zigzags lui ont valu une réputation d'opportuniste auprès du grand public et ont fini par "user" son image de héros militaire.

Après avoir quitté le parti travailliste en janvier 2011 pour conserver son poste de la Défense dans le gouvernement Netanyahu, il a fondé le parti "Hatzmaout" (indépendance en hébreu) avec quatre autres députés travaillistes dissidents. Mais cette formation a eu beaucoup de mal à décoller, et ces derniers mois, les sondages ne la créditaient d'aucun mandat.

Ces dernières années, Ehud Barak était en perte de vitesse sur le front politique. Lors du dernier scrutin en 2009, le parti travailliste qu'il dirigeait à l'époque n'avait obtenu que 13 sièges, le plus mauvais score de l'histoire de cette formation qui a gouverné Israël pendant des décennies.

Ex-chef d'état-major, après avoir dirigé le commando d'élite de l'armée, il a été Premier ministre de 1999 à 2001.

Sa grande réussite aura été de retirer sans dommage en 2000 l'armée du bourbier libanais où elle était exposée aux coups du Hezbollah. Mais la guerre que celle-ci a menée en 2006 au Liban, même si Barak était alors en retrait de la vie politique, a jeté une ombre sur ce succès.

Son plus grave échec s'est produit au sommet de Camp David en juillet 2000 lorsqu'il n'était pas parvenu à un accord final avec le dirigeant palestinien Yasser Arafat et le président américain Bill Clinton. Le déclenchement de la deuxième Intifada deux mois plus tard a provoqué en 2001 sa défaite électorale face à Ariel Sharon, alors l'homme fort de la droite.

En tant que ministre de la Défense, il a dirigé deux offensives majeures contre les groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du Hamas, une fin 2008-début 2009 (1.400 morts palestiniens) et une au cours de ce mois du 14 au 21 (166 morts Palestiniens).

Natif d'un kibboutz (village collectiviste) le 12 février 1942, diplômé en physique, mathématiques et systèmes analytiques, M. Barak est un pianiste émérite mais aussi un amateur de littérature et de poésie. Horloger amateur, il se détend en démontant et remontant montres et autres mécanismes.

Tous lui reconnaissent des qualités intellectuelles. Pour ses partisans, il calcule tous les coups. Pour ses critiques, il a tendance à perdre le fil de ses multiples manoeuvres.

Père de trois filles d'un premier mariage, il est remarié avec la femme d'affaires Nili Pariel.

jlr/cf/tp