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26/11/2012 06:19 EST | Actualisé 26/01/2013 05:12 EST

Congo: les rebelles ignorent l'ultimatum et renforcent leur présence à Goma

GOMA, République Démocratique Du Congo - Les rebelles du M23 ont renforcé lundi leurs patrouilles à Goma, une ville stratégique de l'est de la République démocratique du Congo qu'ils ont prise la semaine dernière, malgré l'ultimatum fixé par la Conférence de la région des Grands Lacs afin qu'ils se retirent de la ville.

Les rebelles ont déclaré lundi qu'ils avaient l'intention de déménager cette semaine leur quartier général à Goma, une capitale provinciale d'un million d'habitants, un autre signe qu'ils n'ont pas l'intention de se conformer à l'ultimatum.

Illustrant l'aspect chaotique de la situation, des rebelles armés surveillaient lundi le siège de la Banque centrale du Congo à Goma, tandis que des casques bleus de l'ONU montaient la garde près d'une station-service.

L'armée congolaise, qui a subi une humiliante défaite en perdant le contrôle de Goma, se regroupe dans la ville de Minova, à 60 kilomètres plus au sud. Mais l'armée semble désorganisée et n'apparaît pas en mesure de lancer un assaut immédiat sur Goma.

Le premier ministre congolais, Augustin Matata Ponyo, a confirmé que le président Joseph Kabila avait rencontré des représentants des rebelles au cours des derniers jours lors d'une séance de médiation en Ouganda.

Il a indiqué que le gouvernement privilégiait pour l'instant «l'avenue du dialogue et de la paix», suggérant que l'armée n'allait probablement pas tenter de reprendre Goma par la force après l'expiration de l'ultimatum.

«Toute action pour reprendre la ville de Goma par la force va sans aucun doute provoquer des pertes humaines énormes», a dit M. Matata Ponyo lors d'une entrevue téléphonique avec l'Associated Press lundi. «Le président Kabila donne la priorité à la voie qui permettra de minimiser les pertes.»

L'ultimatum a été fixé samedi dans la capitale ougandaise par les pays membres de la Conférence de la région des Grands Lacs. L'ultimatum donnait deux jours aux rebelles pour qu'ils se retirent à 20 kilomètres de Goma. Il expirait lundi à minuit, heure locale.

L'organisation régionale tente de négocier la fin des combats dans l'est du Congo, mais elle n'a pas menacé les rebelles de sanctions s'ils ne quittent pas Goma.

L'Ouganda et le Rwanda font partie de la Conférence de la région des Grands Lacs, mais ils sont loin d'être neutres. Les deux pays soutiennent les rebelles, selon un rapport d'experts de l'ONU publié mercredi, et ils sont peu susceptibles de lancer une guerre contre le M23 pour libérer Goma.

Les résidants craignent des affrontements violents si l'armée congolaise tente de reprendre la ville.

«J'ai peur que les combats recommencent rapidement à Goma si l'armée lance une attaque. La semaine dernière, nous avons eu très peur. Je ne veux pas vivre la même chose une autre fois», a déclaré Amani Zaliwa, un résidant de la ville.

Des dizaines de milliers de civils ont fui l'avancée du M23 dans la région depuis une semaine pour s'abriter dans des camps de réfugiés improvisés.