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25/11/2012 05:49 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST

Le polonium, une substance radioactive hautement toxique

Le polonium, mis en cause dans l'enquête sur un éventuel empoisonnement de Yasser Arafat, est une substance radioactive extrêmement toxique avec laquelle a été empoisonné en 2006 Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine.

Cette substance a été découverte sur des effets personnels de Yasser Arafat et des prélèvements doivent être réalisés mardi sur la dépouille du dirigeant historique palestinien pour déterminer s'il a été empoisonné au polonium.

Elément chimique naturel présent dans la pechblende (minerai d'uranium), le polonium, découvert en 1898 par Marie Curie, est utilisé comme source de rayonnement Alpha dans la recherche et en médecine, mais aussi comme source de chauffage dans les engins spatiaux.

Il reste toutefois très rare, avec un milliardième de gramme de polonium au maximum dans dix grammes d'uranium. Sa production nécessite un réacteur nucléaire et est estimée à moins de 100 grammes par an à l'échelle mondiale, en grande majorité d'origine russe.

Soluble, très toxique à des doses infimes par inhalation ou ingestion, le polonium est un élément particulièrement dangereux, dont la manipulation exige un équipement spécial et des procédures strictes. A lui seul, il suffit à provoquer des cancers par inhalation chez les animaux de laboratoire.

En novembre 2006, la mort à Londres d'Alexandre Litvinenko, empoisonné à 43 ans au polonium et première victime connue d'un "assassinat radiologique" selon des experts, avait provoqué une crise diplomatique entre le Royaume-Uni et la Russie.

M. Litvinenko, transfuge des services secrets russes (FSB) réfugié à Londres, était décédé trois semaines après avoir bu le thé avec un autre ex-agent russe. Son foie et sa moelle osseuse avaient été atteints par de fortes doses de radiations et il avait perdu ses cheveux en quelques jours.

Dans le cas de Yasser Arafat, il n'y a jamais eu d'informations médicales claires sur les raisons de sa mort, le 11 novembre 2004 dans un hôpital militaire français.

En juillet, la chaîne arabe Al-Jazeera a révélé que l'Institut de radiophysique de Lausanne avait découvert "une quantité anormale de polonium" sur des effets personnels d'Arafat.

Le polonium se dégradant rapidement, la qualité des prélèvements réalisés sur la dépouille du chef palestinien sera déterminante pour la suite de l'enquête. Les enquêteurs espèrent savoir avant la fin de l'année si les échantillons prélevés sont exploitables, puis, dans l'affirmative, être fixés au printemps sur un éventuel empoisonnement.

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