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25/11/2012 09:27 EST | Actualisé 25/01/2013 05:12 EST

Exécution de "collaborateurs" à Gaza: le Hamas crée une commission d'enquête

Le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza a annoncé dimanche la création d'une commission chargée d'enquêter sur les exécutions "illégales" de Palestiniens accusés de collaborer avec Israël pendant l'offensive israélienne à Gaza.

"Le gouvernement a décidé de mettre en place une commission pour examiner ces exécutions illégales qui se sont produites pendant l'agression" israélienne, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Taher al-Nounou, lors d'une conférence de presse.

Durant l'opération israélienne "Pilier de défense", au moins sept Palestiniens accusés de "collaboration" ont été exécutés sommairement -- le premier le 16 novembre et six autres simultanément le 23 novembre. Les corps de ces derniers, attachés à l'arrière de véhicules, ont été traînés mardi dans la ville de Gaza, selon des témoins et des journalistes de l'AFP.

A leurs dépouilles étaient accrochés des messages signés de la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, revendiquant "l'exécution des traîtres et criminels".

Le numéro 2 du Hamas Moussa Abou Marzouk avait ensuite dénoncé des pratiques "inacceptables" sur sa page Facebook et souligné qu'"il n'est permis de punir que dans le cadre de la loi".

Le Centre palestinien pour les droits de l'Homme (PCHR), basé à Gaza, avait salué mercredi dans un communiqué ces déclarations et précisé que les six tués de la veille "avaient préalablement été détenus par l'Autorité palestinienne sous l'accusation de collaboration avec les forces israéliennes".

Mais un important dirigeant du Hamas à Gaza, Mahmoud Zahar, a justifié l'exécution de "collaborateurs", lors d'une rencontre samedi soir avec des journalistes.

"Nous n'autoriserons la présence d'aucun collaborateur dans la bande de Gaza, les droits de l'Homme sont pour les citoyens honorables, pas pour les collaborateurs qui sont la cause du malheur", a-t-il estimé, en référence aux liquidations de chefs palestiniens par l'armée israélienne.

"Le renseignement israélien a été déçu de son échec à obtenir des informations", a ajouté M. Zahar, affirmant que les faits de "collaboration" étaient en déclin.

Le ministère de l'Intérieur du Hamas avait pour sa part cité en exemple sur son site internet "les collaborateurs qui se sont livrés aux services de sécurité par l'intermédiaire de leur famille", et ont ainsi eu la vie sauve, encourageant implicitement les autres à les imiter pour s'épargner un sort tragique.

Selon la loi palestinienne, toute personne reconnue coupable de "collaboration" avec l'occupant est passible de la peine capitale.

Le conflit entre Israël et le Hamas à Gaza, qui a duré huit jours jusqu'à un cessez-le-feu mercredi soir, a fait 166 morts et 1.235 autres blessés côté palestinien, selon les services d'urgences à Gaza. Dans le même temps, six Israéliens, dont deux soldats, ont été tués par des tirs de roquettes de Gaza.

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