NOUVELLES
23/11/2012 02:59 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

Le chef de l'armée congolaise, accusé de vendre des armes au M23, est suspendu

GOMA, République Démocratique Du Congo - Le président de la République démocratique du Congo a suspendu le chef d'état-major des armées, après la publication d'un rapport de l'ONU qui affirme que le général Gabriel Amisi a supervisé un réseau criminel qui vend des armes aux rebelles de l'est du pays.

La suspension du général Amisi laisse penser que le gouvernement congolais a décidé d'agir pour réformer l'armée, connue pour ses dysfonctionnements et ses divisions. Cette décision survient alors que le groupe rebelle M23, formé il y a seulement huit mois, poursuit sa progression au-delà de Goma, une capitale régionale de l'est du Congo prise par les rebelles cette semaine.

Vendredi, les miliciens du M23 patrouillaient les rues de Sake, au sud de Goma. Les rebelles ont installé des points de contrôle et ont bu de la vodka dans les bars de la ville, tout en laissant pourrir les corps de soldats congolais dans les rues. Le corps de l'un des soldats portait les traces de ce qui s'apparente à une exécution.

La rébellion est menée par d'anciens membres de l'armée congolaise qui ont fait défection.

Avant leur mutinerie, les commandants rebelles bénéficiaient d'une relation privilégiée avec le gouvernement congolais, malgré les preuves grandissantes de leur implication dans de graves abus contre les civils. Le chef du M23 serait le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité.

Des dizaines de milliers de civils fuyant les violences progressaient vendredi sur une section de route de dix kilomètres qui relie Sake à Goma. Ils transportaient toutes leurs maigres possessions avec eux: des matelas, des casseroles, des seaux, des poules et des chèvres. Le cortège comprenait de nombreux enfants.

La ville de Sake a été pratiquement désertée. Un père esseulé est retourné dans sa maison vide vendredi. Il a fui les lieux jeudi quand les tirs ont commencé, mais il a perdu la trace de ses quatre enfants dans la cohue pour fuir la ville. Ses plus jeunes enfants ont seulement 2 et 4 ans, a-t-il dit.

«Nous avons entendu des tirs provenant des collines», a raconté Timothée Mashamba. «Nous nous sommes enfuis, mais maintenant, je suis de retour. J'ai perdu mes quatre enfants lors de notre fuite et je ne les ai pas retrouvés. Je les attends ici. Je ne peux pas partir. Ils ne sauront pas où me trouver.»

Le président de l'Ouganda agit comme médiateur entre les rebelles et le gouvernement congolais. Vendredi, le chef du M23, «Bishop» Jean-Marie Runiga, était dans la capitale ougandaise pour des discussions, selon un porte-parole des rebelles, Amani Kabasha. Plus tôt cette semaine, le président du Congo, Joseph Kabila, et le président du Rwanda, Paul Kagame, accusé de soutenir les rebelles, se sont rencontrés à Kampala dans une tentative de médiation.

Les deux présidents se sont entendus sur certains principes et en discutent avec le M23, selon le porte-parole des rebelles.

«Ils (MM. Kabila et Kagame) ont pris des décisions à Kampala et ils veulent maintenant en discuter avec Bishop Runiga. Joseph Kabila a dit dans un communiqué qu'il voulait discuter avec nous et c'est ce que nous voulons», a ajouté le porte-parole du M23.