NOUVELLES
23/11/2012 11:01 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

Égypte : le siège du parti au pouvoir mis à sac

Des opposants au président égyptien Mohamed Morsi, qui s'est récemment accordé des pouvoirs étendus, ont saccagé vendredi le siège du parti des Frères musulmans à Alexandrie.

Selon l'agence Reuters, les manifestants en colère se sont introduits dans l'immeuble avant de jeter le mobilier par les fenêtres sur le trottoir et d'y mettre le feu.

Des violences ont aussi éclaté entre partisans et opposants du nouveau président près de la principale mosquée d'Alexandrie, deuxième ville en importance en Égypte.

Cette flambée de colère dans les rangs de l'opposition égyptienne survient au lendemain de la publication d'un décret du président Morsi qui lui accorde des prérogatives élargies jusqu'à l'élection d'un nouveau Parlement.

Des pouvoirs étendus

Le décret promulgué jeudi empêche également toute dissolution, par la justice, de l'Assemblée constituante et du Conseil de la Choura, la chambre haute du Parlement.

En vertu des nouveaux pouvoirs qu'il s'est attribués, le président Morsi a limogé le procureur général d'Égypte, Abdel Maguid Mahmoud, qu'il a présenté comme un vestige de l'époque de l'ancien président Hosni Moubarak. Mohamed Morsi s'est aussi arrogé le pouvoir de nommer son successeur.

Présenté par la présidence égyptienne comme un moyen de « protéger la révolution », le décret neutralise également une quarantaine de recours judiciaires contre la composition de l'Assemblée constituante, sur lesquels la Haute Cour constitutionnelle devait se prononcer.

Pour « protéger la révolution »

Vendredi, le président Morsi a défendu ce décret en expliquant à ses milliers de partisans réunis devant le palais présidentiel au Caire que l'Égypte demeurait sur la voie « de la liberté et de la démocratie ».

« Je suis pour tous les Égyptiens. Je n'agirai jamais en défaveur d'un fils de l'Égypte », a-t-il affirmé devant la foule.

Auparavant, devant des fidèles d'une mosquée des faubourgs du Caire, Mohamed Morsi avait déclaré avoir pris son décret pour « plaire à Dieu et la nation ».

Les mouvements d'opposition égyptiens, qui ne voient pas la chose du même oeil, accusent le président de profiter de sa situation pour renforcer son pouvoir et installer les islamistes à la tête du pays. L'opposition l'a même accusé jeudi de s'élever au rang de « nouveau pharaon ».

Vendredi, Mohamed Morsi a déclaré ne pas craindre l'opposition, affirmant qu'elle doit être « réelle et forte » dans la nouvelle Égypte qu'il tente de construire avec ses concitoyens.