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21/11/2012 11:39 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

Syrie: les rebelles s'installent sur la base militaire 46 (journaliste AFP)

Les rebelles syriens prenaient possession mercredi de l'immense base 46, l'une des dernières place-fortes de l'armée dans le nord-ouest du pays et garnison stratégique à l'ouest d'Alep dont ils se sont emparés en début de semaine, selon un journaliste de l'AFP.

Trois jours après leur assaut victorieux, les rebelles étaient occupés à dégager les derniers cadavres de soldats des bâtiments en ruine de la caserne. Ils récupéraient également les nombreuses armes et munitions entreposées sur place.

Ils ont notamment mis la main sur une quinzaine de chars et d'engins blindés de fabrication soviétique, des canons d'artillerie lourde, des mortiers de 120 mm ainsi que des batteries de lance-roquettes, qu'ils ont ensuite ramenés vers leurs bases-arrières proches de la frontière turque, selon le journaliste.

C'est une "victoire majeure" pour la rébellion, s'est félicité le général Mohamed Ahmad al-Faj, qui a commandé l'attaque. "C'est l'une de nos plus grandes victoires depuis le début de la révolution" en mars 2011, a estimé ce chef rebelle dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Près de 300 militaires des troupes régulières ont été tués dans les combats et 70 autres soldats ont été faits prisonniers et "seront bientôt jugés", a-t-il ajouté.

"Beaucoup sont coupables de crimes de guerre", a accusé le général Faj, car la Base 46 servait au bombardement de toutes les localités environnantes sous contrôle de la rébellion.

A 12 km à l'ouest d'Alep, la grande métropole du nord, la Base 46 s'étend sur une trentaine d'hectares à proximité de la ville d'Atareb.

Tous les immeubles disséminés sur l'immense plaine caillouteuse -dortoirs, armurerie, garage, mess des officiers...- portent les stigmates de ces violents combats, leurs façades grêlées par la mitraille ou emportées par les obus.

L'ancien état-major, où avaient trouvé refuge les derniers défenseurs de la base, a été ravagé et en partie incendié. Dans les couloirs maculés de sang où perce l'odeur de charogne, des rebelles, gants chirurgicaux et foulards sur le nez, ramassent les corps en les tirant sans ménagement par les chevilles.

Un bulldozer enfouit les cadavres sous une nuée de mouches dans une fosse commune creusée dans un terrain vague à quelques dizaines de mètres de là.

D'autres insurgés sont occupés à fouiller pièce par pièce les bâtiments abandonnés, déchirant ou piétinant au passage les innombrables portraits du président Bachar al-Assad.

La chute de la Base 46 aux mains des rebelles marque la "libération" quasi-complète d'une grande partie de la province d'Idleb. "L'autoroute allant de la frontière turque jusqu'à Alep est maintenant totalement libre", a souligné le général Faj.

La ligne de front est désormais stabilisée à environ 7km en périphérie ouest d'Alep, a constaté l'AFP. L'armée conserve dans la région une dernière garnison d'importance, la base de Cheikh Souleimane, à 25 km au nord-ouest d'Alep.

"La Base 46 était assiégée depuis près de deux mois. Le régime a essayé récemment à deux reprises de briser notre encerclement en envoyant des colonnes de chars depuis Alep. Nous les avons à chaque fois repoussées", a expliqué le général Faj.

"Nous avons d'abord pris une ancienne école agricole proche de la base, principal point d'appui des défenseurs. Dimanche, nous avons pénétré dans le périmètre de la base et les combats ont cessé lundi matin".

"Personne ne nous a aidé, cette victoire est la nôtre, toutes nos armes ont été prises à l'ennemi", s'est félicité ce commandant, membre de l'Armée syrienne libre (ASL).

Selon des sources concordantes, un groupe islamiste, Harakat al-Fajr al-islam, a joué un rôle important dans le déclenchement de l'assaut.

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