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21/11/2012 12:54 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

Les Etats-Unis plutôt favorables à la demande turque de déployer des Patriot

Les Etats-Unis se sont dits mercredi plutôt favorables à la demande de la Turquie pour le déploiement de missiles de défense anti-aérienne Patriot par des pays membres de l'Otan le long de la frontière avec la Syrie, a indiqué mercredi le département d'Etat américain.

"Nous prenons évidemment très au sérieux la sécurité de notre allié dans l'Otan et nous serions enclins (à répondre) favorablement" à cette demande de la Turquie, a affirmé le porte-parole adjoint de la diplomatie américaine, Mark Toner.

"Nous voulons (faire) tout ce que pouvons pour protéger notre proche allié", a ajouté M. Toner lors du point de presse quotidien, en rappelant que cette demande devait encore être étudiée par les autres membres de l'Otan.

La requête turque doit formellement être acceptée par l'Alliance, qui en a reçu la demande formelle mercredi.

Le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, a précisé mercredi dans un communiqué que son organisation étudierait cette demande "sans délai".

Parmi les 28 membres de l'Otan, seuls l'Allemagne, les Pays-Bas et les Etats-Unis possèdent des batteries de missiles Patriot.

Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, a exprimé mercredi l'espoir que le Parlement allemand donnerait son feu vert d'ici la mi-décembre au déploiement de missiles Patriot en Turquie.

Fabriqués par l'américain Raytheon, des missiles Patriot avaient déjà été déployés par des pays membres de l'Otan, dont les Pays-Bas, en Turquie en 1991 pendant la guerre du Golfe, puis en 2003 lors de la guerre contre l'Irak.

L'éventuel déploiement de batteries le long de la frontière turque avec la Syrie est avant tout un geste politique: le Patriot est un système de défense contre les missiles balistiques qui n'a pas vocation à être utilisé contre les tirs d'obus ou de mortiers ni contre les avions et hélicoptères.

Le déploiement de Patriot représenterait une première implication, indirecte, de l'Alliance atlantique dans le cadre du conflit syrien, 19 mois après le début de la rébellion.

La Turquie avait engagé des pourparlers avec l'Otan sur leur déploiement à la suite d'une série de tirs d'obus syriens qui avaient touché en octobre des localités turques proches de la frontière, provoquant la mort de cinq civils.

La situation dans les régions syriennes proches de la frontière turque reste très tendue, les rebelles ayant pris le contrôle des postes frontière. Les affrontements ont provoqué un exode massif, notamment de Kurdes, vers la Turquie.

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