NOUVELLES
21/11/2012 08:13 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

La Syrie a besoin de 60 mds de dollars pour éviter l'effondrement (opposition)

La Syrie a besoin d'une sorte de plan Marshall de 60 milliards de dollars pour éviter l'effondrement économique après la chute du régime de Bachar al-Assad, a déclaré mercredi Georges Sabra, un dirigeant de la nouvelle coalition de l'opposition.

"Dans les premiers six mois, nous aurons besoin de 60 milliards" d'aide immédiate pour la reconstruction, a affirmé M. Sabra aux journalistes lors d'une conférence à Dubaï sur les investissements dans la Syrie de l'avenir.

"Ce +plan Marshall+ (à l'instar du plan de reconstruction de l'Europe après la Seconde guerre mondiale) pour la Syrie ne peut pas attendre la chute du régime, il doit être mis en place immédiatement", a ajouté M. Sabra, appelant à commencer par une aide "des zones libérées comme Alep, Idleb et Tall al-Abyad", dans le nord du pays.

Osama Kadi, membre du comité économique préparant les plans pour la Syrie de l'avenir, a affirmé qu'une partie de l'argent pourrait être constituée par des investissements et des accords de partenariat et qu'une aide urgente de dix milliards USD pourrait être apportée par des prêts après la chute du régime.

Pour leur part, des hommes d'affaires syriens expatriés participant à la réunion se sont engagés à investir "cinq milliards de dollars" dans l'ère de l'après-Assad, selon lui.

Quant au ministre émirati de l'Economie Sultan Al-Mansouri, il a annoncé que les principales "firmes des Emirats ont exprimé leur intérêt à investir dans la Syrie de l'avenir", parmi lesquelles le géant portuaire DP World, la compagnie de télécommunications Etisalat et le fonds souverain d'Abou Dhabi Mubadala.

Quelque 500 délégués de plusieurs pays participent à la réunion de Dubaï, tenue sous la coprésidence des Emirats arabes unis et de l'Allemagne et qui vise notamment à étudier le rôle du secteur privé dans la reconstruction de la Syrie. Une première réunion s'était tenue en mai dernier à Abou Dhabi.

Farah Atassi, une autre responsable de l'opposition, a expliqué que "des fonds seront nécessaires pour les banques syriennes et la banque centrale afin de s'assurer que les installations vitales comme l'eau, l'électricité et le secteur de la santé continuent de fonctionner".

Il faudra "éviter l'effondrement de l'Etat syrien" car cela "mènerait à de nombreux problèmes économiques et de sécurité", a-t-elle expliqué à l'AFP.

Selon l'ONU, quatre millions de Syriens à l'intérieur du pays auront besoin d'aide l'année prochaine.

M. Sabra a proposé "la formation immédiate d'un bureau de coordination en Syrie ou à la frontière syro-turque" pour canaliser l'aide humanitaire.

Il a souligné que parmi les "problèmes les plus pressants" figure celui de "reloger les gens après la destruction de 2,5 millions d'habitations" depuis le début du soulèvement.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad, devenue conflit armé, qui a fait plus de 39.000 morts selon une ONG syrienne.

M. Sabra est le chef du Conseil national syrien (CNS), l'une des principales composantes de la "Coalition nationale syrienne pour les forces de l'opposition et de la révolution", formée le 11 novembre à Doha pour fédérer les différentes composantes et unifier les factions armées.

Elle a été reconnue par la France, la Grande-Bretagne, la Turquie comme "seul représentant légitime du peuple syrien" alors que les Etats-Unis la considèrent comme "un" représentant légitime.

Il a par ailleurs minimisé le rejet de la coalition annoncé par des groupes islamistes armés, notamment Liwaa al-Tawhid et le Front al-Nosra, qui combattent à Alep.

"Il s'agit de groupes minoritaires (...) L'Armée syrienne libre, qui est le principal groupe armé, a proclamé son soutien à notre coalition", a-t-il dit.

lyn/at/hj