NOUVELLES
21/11/2012 01:53 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

Des crédits d'impôts devraient plutôt servir à lutter contre la pauvreté

TORONTO - Ottawa devrait abolir certains avantages et crédits d'impôt offerts à la plupart des parents canadiens, et consacrer plutôt ces ressources aux familles à faible revenu, recommande une coalition anti-pauvreté, dans un rapport publié mercredi.

Selon l'organisme Campagne 2000, Ottawa devrait éliminer le Crédit d'impôt pour enfants, le Crédit d'impôt pour les activités des enfants et la Prestation universelle pour la garde d'enfants, et consacrer l'argent de ces programmes au Supplément national de la prestation pour enfants, un supplément de revenus pour les familles avec enfants gagnant moins de 42 700 $ par année.

Le montant maximal du Supplément national de la prestation pour enfants s'établit actuellement à 3485 $. Si le gouvernement éliminait certains crédits d'impôts pour les familles au-dessus du seuil de la pauvreté et ajoutait 174 millions $ par année, ce maximum pourrait passer à 5400 $, et environ 174 000 enfants pourraient sortir de la pauvreté, soutient l'organisme.

«Pour plusieurs familles, cela signifierait l'accès à de la nourriture de meilleure qualité», a noté Sid Frankel, professeur de travail social à l'Université du Manitoba et membre de Campagne 2000.

«Pour plusieurs familles, cela signifierait l'accès à de meilleurs logements, ce qui est un facteur important au niveau de la santé, a poursuivi M. Frankel. Pour certaines familles, cela pourrait permettre aux enfants d'avoir accès à des activités, ce qui aurait été impossible sans cette aide supplémentaire. Certains enfants pourraient certainement être mieux habillés.»

Selon M. Frankel, une diminution de la pauvreté infantile permettrait également de donner un coup de pouce à l'économie, puisque les enfants pauvres s'inscrivent moins aux études supérieures, en plus de réduire la pression sur le système de santé.

Une porte-parole du ministre des Finances a indiqué que le ministère ne commentait pas les propositions de tierces parties.

Les partis d'opposition ont toutefois été rapides afin de critiquer le gouvernement, le disant incapable de combattre la pauvreté infantile au Canada.

«Au lieu de passer à l'action, il a plutôt décidé de couper dans les programmes et les services servant à prévenir la pauvreté, comme l'assurance-emploi, le gel des fonds pour les logements à prix abordable, et ils n'ont pas réagi alors que le chômage chez les jeunes et les dettes étudiantes atteignent des sommets inégalés», a déclaré Rodger Cuzner, porte-parole libéral en matière des Ressources humaines et développement des compétences.

Le NPD a incité Ottawa à «mettre de côté ses idéologies téméraires» et à adopter les recommandations mises de l'avant par Campagne 2000.

«Le gouvernement parle de reprise économique mais pourtant, un enfant sur sept vit toujours dans la pauvreté», a noté Chris Charlton, porte-parole du NPD.

«Son plan d'action n'a aucun impact pour les enfants. Combattre la pauvreté devrait être au coeur de tout programme de reprise économique.»

La Chambre des communes avait unanimement décidé, en 1989, d'éliminer la pauvreté infantile au Canada d'ici l'an 2000. À cette époque, 13,7 pour cent des enfants canadiens vivaient dans la pauvreté. En 2010, année des plus récentes données, cette proportion était passée à 14,5 pour cent.