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Congo : les rebelles prennent Sake et exigent le départ de Kabila

Les rebelles congolais du M23 ont pris le contrôle mercredi de la ville de Sake à la frontière rwandaise, déclarant qu'il avait l'intention de renverser le gouvernement du président Joseph Kabila.

Selon Christian Bigebika, d'une association locale de droits de l'homme, les rebelles se sont emparés de Sake sans recours à la force.

Mardi, ils annonçaient la prise de Goma, la capitale régionale du Nord-Kivu, une ville de 1 million d'habitants située à quelque 1600 km à l'est de Kinshasa, à la frontière du Rwanda.

« Le voyage pour libérer le Congo débute maintenant », a déclaré Vianney Kazarama, porte-parole du M23, qui entend se rendre à Bukavu avant de marcher sur la capitale, Kinshasa.

Le premier ministre de la République démocratique du Congo (RDC) ne s'avoue pas vaincu. Il a déclaré que son gouvernement a « certes perdu la bataille, mais pas la guerre ».

L'ONU condamne et Kinshasa accuse

Alors que le M23 consolidait son emprise sur la région et que le Conseil de sécurité de l'ONU condamnait à l'unanimité la prise de la ville, les présidents du Congo, du Rwanda et de l'Ouganda ont exhorté les rebelles d'abandonner le territoire dans un communiqué publié mercredi depuis la capitale ougandaise, où ils étaient réunis.

Le gouvernement congolais accuse son voisin rwandais de soutenir les rebelles du M23 et d'orchestrer l'insurrection dans l'est du pays pour s'emparer des riches ressources minérales de la région, ce que Kigali nie.

L'ONU a quant à elle accusé le M23 d'avoir commis plusieurs crimes graves, notamment le recrutement d'enfants-soldats, les exécutions sommaires et le viol.

La procureure en chef de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a appelé mercredi à l'arrestation de deux rebelles congolais mis en accusation, disant qu'ils continuent de contribuer à l'instabilité dans l'est du Congo.

Selon elle, Bosco Ntaganda et Sylvestre Mudacumura ont été activement impliqués dans les années de violence et de crimes qui continuent d'affliger des victimes innocentes dans la région.

La crise congolaise a provoqué d'importants mouvements de populations, selon Médecins sans Frontières, qui fait état de « plus de 100 000 déplacés, sans aucun abri, sans accès à l'eau, sans aucune nourriture et une partie d'entre eux sont porteurs de choléra »

Les provinces des Nord et Sud-Kivu sont le théâtre de conflits quasiment ininterrompus depuis le début des années 1990, en raison de leurs richesses en ressources minières et agricoles, que se disputent le gouvernement congolais, divers mouvements rebelles et les pays voisins, l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi.

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