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20/11/2012 01:19 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Tunisie: un patron de télé reste en prison à cause d'une lettre anonyme (avocat)

La Cour de cassation tunisienne a indiqué mardi ne pas pouvoir se prononcer sur la libération du patron d'une chaîne de télévision détenu depuis près de trois mois, la juge chargée du dossier ayant été accusée de corruption dans une lettre anonyme, selon un avocat du prévenu.

La Cour devait décider mardi si elle cassait l'arrêt plaçant Sami Fehri, patron d'Ettounsiya TV, en détention provisoire, a expliqué Me Sonia Dahmani.

Mais "une lettre anonyme a été adressée au ministère de la Justice accusant la présidente de la cour chargée du dossier de M. Fehri d'avoir reçu de l'argent" pour se prononcer en sa faveur, a-t-elle dit.

"Cette juge est connue pour son intégrité et ne mérite pas ce qui lui arrive", s'est emportée Me Dahmani, estimant que ce rebondissement avait pour seul objectif de maintenir son client en prison.

Le dossier a été transféré à un autre magistrat, qui doit désormais revoir l'ensemble de la procédure, a regretté l'avocate.

Sami Fehri est poursuivi pour des préjudices financiers causés à la télévision tunisienne à l'époque du président déchu Zine el-Abidine Ben Ali et risque 10 ans de prison.

Ses avocats ont demandé l'annulation de son placement en détention en raison de graves vices de procédure.

Sami Fehri a fondé Ettounsiya en mars 2011, quelques mois après la révolution tunisienne. Avant ces événements, il était associé au sein d'une boîte de production à Belhassen Trabelsi, un beau-frère de Ben Ali.

Son placement en détention avait fait scandale notamment car, quelques jours plus tôt, M. Fehri avait annoncé avoir cessé la diffusion d'une mission de satire politique de Guignols à la suite de pressions des islamistes d'Ennahda qui dirigent le gouvernement tunisien.

kl/alf/vl

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