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20/11/2012 11:25 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Syrie: Londres reconnaît l'opposition, Ban craint une "bataille régionale"

Après Paris, Ankara et les monarchies du Golfe, Londres a reconnu mardi la nouvelle Coalition de l'opposition "comme seul représentant légitime du peuple syrien" tandis que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a dit craindre une "bataille régionale" en Syrie.

Sur le terrain, des affrontements entre insurgés et combattants kurdes dans le nord-ouest du pays ont fait au moins 29 morts en 24 heures, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) alors que de violents combats avaient lieu autour d'une importante base de l'armée dans la province d'Idleb.

Le Royaume-Uni a reconnu la nouvelle Coalition de l'opposition comme "seul représentant légitime du peuple syrien", a annoncé mardi le chef de la diplomatie britannique, William Hague, demandant à la Coalition de nommer un représentant à Londres.

La Coalition a "beaucoup à faire pour gagner le soutien total du peuple syrien et coordonner les efforts de l'opposition plus efficacement. Mais il est grandement dans l'intérêt de la Syrie, de la région et du Royaume-Uni que nous les soutenions et que nous ne laissions pas de place aux groupes extrémistes", a-t-il ajouté.

D'autre part, le ministre français des Affaires étrangères a déclaré que les dirigeants de la Coalition seraient être invités au prochain Conseil européen des Affaires étrangères à la mi-décembre à Bruxelles.

Mais Ban Ki-moon s'est dit "profondément préoccupé par la militarisation continue du conflit, les violations abominables des droits de l'Homme et le risque de voir la Syrie devenir un champ de bataille régional avec la violence qui s'intensifie".

Au cours d'une visite au Caire, il a pressé la communauté internationale à soutenir les efforts de l'émissaire international Lakhdar Brahimi en vue d'une solution politique au conflit qui, selon l'OSDH, a fait plus de 39.000 morts en 20 mois.

Entre-temps, le Maroc a annoncé la réunion le 12 décembre du groupe des Amis du peuple syrien à Marrakech, afin notamment de se pencher sur "les moyens à même d'assurer une transition politique".

combats autour d'une base de l'armée ------------------------------------

Sur le terrain, de violents combats ont eu lieu dans la province d'Idleb (nord-ouest) autour de la base Cheikh Souleimane, dernière place-forte du régime dans cette région, a-t-on appris de source rebelle.

Les combats autour de cette base --située à environ 25 km au nord-ouest d'Alep--, assiégée depuis des semaines par les rebelles, interviennent près de 48 heures après la capture d'une autre base militaire de la province d'Idleb, la Base 46, à 12 km à l'ouest de la métropole du Nord.

La Base 46, et dans une moindre mesure la base Cheikh Souleimane, étaient les deux dernières place-fortes du régime dans cette région frontalière de la Turquie. Elles servaient au bombardement de toutes les localités environnantes, dans une zone désormais largement sous contrôle de la rébellion.

La capture de la base Cheikh Souleimane permettrait la "libération" quasi-complète d'un large territoire dans le nord-ouest de la Syrie, allant de la frontière turque jusqu'à Alep, la grande métropole du nord.

Près de la frontière turque, de violents affrontements ont opposé à Rass al-Aïn, les insurgés aux combattants kurdes, accusés par les rebelles de faire le jeu du régime.

"Quatre combattants et un élu local ont perdu la vie dans les rangs kurdes et 24 parmi les rebelles du Front al-Nosra et Gharba al-Sham", deux groupes islamistes radicaux, a déclaré à l'AFP le président de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

A Alep, neuf personnes d'une même famille ont été assassinées par les rebelles, selon l'agence de presse officielle SANA.

A Damas, deux obus ont touché le bâtiment du ministère de l'Information, sans faire de victime, a indiqué SANA.

Les violences ont fait mardi au moins 69 morts, dont 25 civils, 29 soldats et 15 rebelles, selon un bilan provisoire de l'OSDH, une ONG basée en Grande-Bretagne, qui s'appuie sur un vaste réseau de militants et de sources médicales à travers la Syrie.

La guerre a fait plus de 39.000 morts, en majorité des civils, depuis mars 2011, selon l'ONG.

bur-sk/feb