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20/11/2012 03:26 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Poursuite des hostilités entre Israël et Gaza, trêve en suspens

Les hostilités se poursuivaient mardi entre Israël et le Hamas, marquées par des bombardements meurtriers sur Gaza, un nouveau tir de roquette vers Jérusalem et la mort du premier soldat israélien, sur fond d'intenses tractations diplomatiques pour tenter d'imposer une trêve.

Un soldat de 18 ans a été tué par une roquette de Gaza qui s'est abattue sur le sud du pays, selon l'armée israélienne, qui enregistre son premier mort depuis le début de son opération contre les groupes palestiniens armés de Gaza mercredi dernier.

Un civil israélien, un Bédouin employé par l'armée, a également été tué par un tir de roquette dans la même région. Trois Israéliens avaient péri dans un tir de roquette jeudi près de la bande de Gaza.

Dans l'après-midi, une roquette à longue portée a explosé dans le bloc de colonies du Goush Etzion, près de Jérusalem, sans faire de blessé, pour la deuxième fois en quatre jours, selon la police. Le tir a été revendiqué par la branche armée du Hamas à Gaza.

Plus au sud, un immeuble de huit étages a été éventré par une roquette à Rishon LeTzion, la 4e ville d'Israël, à 50 km de Gaza.

L'armée israélienne a fait état de 189 roquettes tirées depuis Gaza, dont 51 interceptées par le système antimissile Iron Dome.

Dans la bande de Gaza, au moins 26 Palestiniens ont été tués dans des pilonnages de l'armée, selon le ministère de la Santé du Hamas qui gouverne le territoire. Plus de 130 Palestiniens ont été tués et un millier blessés depuis le déclenchement de l'opération "Pilier de défense" il y a sept jours.

Le numéro un de la branche armée du Hamas, Mohammad Deïf, a mis en garde Israël contre une opération terrestre à Gaza, menaçant de capturer des soldats israéliens, dans un rare message audio. "L'ennemi payera cher s'il pense entrer à Gaza", a-t-il averti.

Massés à la lisière de la bande de Gaza, des milliers de réservistes rappelés ces derniers jours attendaient un feu vert des dirigeants israéliens.

"Je serai content de pouvoir rentrer à la maison mais je ne crois pas qu'un cessez-le-feu est la solution à long terme", a affirmé Maoz, un réserviste de 35 ans, qui a quitté sa famille depuis quatre jours pour rejoindre son unité.

En Cisjordanie, des heurts violents ont éclaté notamment à Hébron, Naplouse et dans des quartiers arabes de Jérusalem-Est annexée, dans des scènes rappelant les soulèvements (intifada) palestiniens des années 1987-1991 et du début des années 2000.

Ces violences ont lieu au moment où le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon commençait une visite en Israël, en Egypte et dans les Territoires palestiniens pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas au pouvoir à Gaza. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton est également arrivée en soirée en Israël.

Au Caire, le président égyptien Mohamed Morsi "espère" qu'une trêve surviendra "bientôt" dans le conflit, a déclaré mardi soir une source à la présidence, nuançant de précédentes déclarations du chef de l'Etat qui affirmait que "l'agression" israélienne contre l'enclave palestinienne allait "cesser aujourd'hui".

Le président américain Barack Obama a remercié son homologue égyptien pour ses efforts en faveur d'une "désescalade" au Proche-Orient.

Le Hamas a toutefois tempéré mardi soir les rumeurs sur l'imminence d'une trêve avec Israël, soulignant qu'elle ne pourrait être annoncée que par l'Egypte et appelant les groupes armés palestiniens à "continuer à riposter aux crimes israéliens".

Côté israélien, un responsable cité par la radio militaire a fait état de progrès dans les négociations mais sans donner davantage de détail.

"Je ne peux vous donner l'heure (de la trêve)", a répondu de son côté à l'AFP un responsable gouvernemental sous couvert de l'anonymat.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré que son pays tendait "une main vers ses voisins désireux de faire la paix avec lui" et de l'autre main brandissait une "épée" vers ceux qui veulent sa destruction.

Dans la matinée, M. Netanyahu a rencontré le ministre allemand des Affaires étrangères et lui a dit qu'Israël cherchait à assurer un accord de "long terme" qui garantirait la fin de la contrebande de roquettes vers la bande de Gaza.

Un haut responsable gouvernemental israélien avait indiqué dans la matinée que l'Etat hébreu avait provisoirement repoussé l'option d'une offensive terrestre sur Gaza.

En visite à Jérusalem, où il a eu des discussions avec les dirigeants israéliens en vue d'obtenir une trêve, Ban Ki-moon a estimé qu'une "escalade supplémentaire" dans le conflit serait "un désastre pour la région".

M. Ban se rendra mercredi à Ramallah (Cisjordanie) pour rencontrer le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

En visite dans la bande de Gaza, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a jugé que l'essentiel pour les pays arabes et les Etats musulmans n'était pas d'obtenir une trêve pour mettre un terme à l'effusion de sang à Gaza, mais de mettre fin à l'occupation israélienne.

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