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20/11/2012 07:02 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Pilier de défense : opération militaire ou politique?

L'offensive militaire israélienne en cours dans l'enclave palestinienne de Gaza serait-elle motivée par des considérations électoralistes? Le quotidien israélien Haaretz et d'autres médias l'ont évoqué.

Leïla Shahid, la représentante de l'Autorité palestinienne auprès de l'Union européenne, penche pour la thèse électoraliste. Mais le porte-parole du gouvernement israélien, Pavi Azner, la réfute.

En entrevue à Radio-Canada, mardi matin, Mme Shahid a accusé le gouvernement israélien d'avoir déclenché les hostilités pour des raisons électoralistes, alors que des élections générales sont prévues le 22 janvier.

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou est en tête dans les sondages et plusieurs observateurs estiment qu'il tient en ce moment à projeter une image de fermeté devant l'électorat quant à la situation palestinienne.

Leïla Shahid soutient qu'Ahmad Jaabari, le chef des opérations militaires du Hamas qui a été tué mercredi dernier, au début du conflit, était pourtant l'homme qui avait réussi à maintenir le cessez-le-feu en place depuis cinq ans.

« C'est pour ça que je dis que la seule analyse, c'est que M. Nétanyahou a pensé que ça lui rapporterait des voix aux élections, parce que, malheureusement, dans l'histoire d'Israël, à la veille d'élections anticipées, on a vu des premiers ministres "va-t-en-guerre" penser que ça les avantagerait », estime la représentante palestinienne.

Des violences avaient toutefois déjà éclaté avant la mort de M. Jaabari. Le 11 novembre, un missile antichar palestinien avait été lancé contre une jeep de l'armée israélienne à la lisière de la bande de Gaza. Six mouvements palestiniens, dont le Hamas, avaient revendiqué dans un communiqué conjoint les tirs de roquettes et d'obus de mortier.

Cette lecture des événements est rejetée par le porte-parole du gouvernement israélien, Avi Pazner.

M. Pazner estime que « pour tout gouvernement israélien, il serait extrêmement dangereux de jouer un jeu politique avec une opération militaire. Même si c'est une opération réussie ».

Il a expliqué que les images d'enterrement de soldats israéliens ou de civils peuvent jouer négativement dans une élection.

« Ces suppositions qui voient là des intérêts politiques ne sont pas véridiques », a dit M. Pazner.

Selon lui, il y a un consensus en Israël pour mettre fin aux tirs de roquettes. Il a cité, pour illustrer son propos, un sondage qui indique que 86 % des Israéliens disent qu'« il faut absolument arrêter cette pluie de missiles ».