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20/11/2012 05:34 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Les rebelles syriens créent un service de renseignements

Les rebelles syriens ont annoncé mardi la création d'un service de renseignements pour "défendre la révolution" et être l'embryon du nouvel appareil sécuritaire en cas de chute d'un régime qui durant un demi-siècle a espionné et terrorisé sa population.

Une vidéo diffusée sur Youtube montre huit hommes, armés, cagoulés et vêtus de noir. L'un d'eux, le Coran à la main, se présente comme de "colonel Oussama, numéro de code 102" et annonce la "formation de l'Administration des services de renseignements généraux de la révolution syrienne - bureau de la sécurité nationale".

Affirmant être le chef de l'administration, il précise que son service agira "contre le réseau de renseignements de la clique gouvernementale et de ses alliés régionaux et internationaux, pour offrir des renseignements à toutes les forces politiques et militaires de la révolution", dit-il.

Interrogé par l'AFP, Bassam Jaara, directeur du bureau politique et porte-parole de ce nouveau service de renseignement, a indiqué que "cela fait des mois que ses agents (de ce service) agissent et ont pu empêcher des dizaines d'attentats préparés par le régime pour semer la zizanie confessionnelle", bien avant son officialisation lundi.

Pour ce journaliste et membre du Conseil général de la révolution syrienne en Europe, "des centaines de militaires et membres des services de sécurité (toujours en poste dans l'appareil d'Etat) travaillent, nous informent".

Refusant de donner le nombre de membres de cet appareil, il s'est borné à dire qu'il s'agit de civils, de militaires et même d'anciens agents des services de sécurité "dont le seul objectif est de protéger la patrie et d'empêcher les dissensions confessionnelles".

Dans la vidéo, le colonel Oussama, a cité les surnoms des 19 responsables, dont une femme Oum Aïcha, en charge de la logistique.

Parmi les départements, figurent notamment une branche chargée du renseignement intérieur, une autre du renseignement extérieur, deux branches pour la presse -médias locaux et médias étrangers-, des bureaux dans les principales régions du pays et la brigade des missions spéciales.

Selon l'"agent 102", le but est notamment de fournir "des informations détaillées sur les mouvements des forces d'occupation d'Assad (le président syrien Bachar al-Assad), les chabbiha (milice pro-régime) et les agents" du pouvoir.

Les services entendent "rester à égale distance de toutes les composantes de la révolution pour rendre comptable tous ceux qui ont commis des fautes, quelle que soit leur position, conformément aux droits de l'Homme", a-t-il ajouté.

La mise en place de ce service a été "décidée par le mouvement révolutionnaire et militaire". Il est en relation avec toutes les factions et son commandement se trouve à l'intérieur de la Syrie", selon lui.

"Aucune révolution au monde ne peut gagner, ni survivre sans un un tel service qui la protège des attentats et des infiltrations" mais sa mission la plus importante consiste "à être opérationnelle au lendemain de la chute du régime pour éviter des exactions confessionnelles et des pillages", explique-t-il.

Pendant un demi-siècle, pour contrôler la population et s'assurer une mainmise total du pouvoir, le régime baasiste a mis en place, une multitude de services de renseignements, qui furent souvent en concurrence.

Ils sont si présents dans leur vie quotidienne que les Syriens assurent avec humour que si chaque pays a créé son service de renseignements, chez eux ce sont les services de renseignements qui se sont créé un pays.

Les quatre principales branches des services secrets sont rassemblées sous la tutelle du Bureau de sécurité nationale (BSN).

Il s'agit de la Direction de la sécurité générale, chargée des activités civiles intérieures, extérieures et palestiniennes; la Direction de la sécurité politique, qui dépend du ministère de l'Intérieur, chargée de la dissidence politique.

La Direction du renseignement militaire, la plus puissante, est en charge des activités politiques intérieures et extérieures et enfin la redoutable Direction du renseignement de l'Armée de l'air qui s'occupe des opérations les plus sensibles.

Pour Bassam Jaara: "Tant par son objet, sa nature et sa composition, notre service est totalement différent des services répressifs du régime qui ont fait tant de mal aux gens".

kam/sk/sw

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