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20/11/2012 09:57 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

La présidente de l'Argentine confrontée à une fronde syndicale

La présidente de l'Argentine, Cristina Fernandez, a fait face à une grève nationale mardi, un mouvement mené par des dirigeants syndicaux qui étaient autrefois ses partisans les plus fidèles.

De nombreux travailleurs sont restés à la maison mardi, la grève ayant provoqué le chaos dans les transports en commun. Les lignes d'autobus et de métro ont été paralysées et de petits groupes de manifestants ont bloqué des autoroutes dans une dizaine de lieux de la capitale. De nombreux vols ont été annulés.

Les banques, les tribunaux et plusieurs écoles étaient fermés, tandis que plusieurs hôpitaux n'assuraient que les services d'urgence. Les employés municipaux n'ont pas collecté les ordures. Mais autrement, c'était une journée ordinaire à Buenos Aires, où les cafés et les petits magasins sont restés ouverts.

La grève a été organisée en guise de démonstration de force par le chef du syndicat des camionneurs, Pablo Moyano, qui dirige l'imposante Fédération générale des travailleurs. Il était autrefois l'un des plus proches alliés du défunt mari et prédécesseur de Cristina Fernandez, Nestor Kirchner.

Pablo Moyano et d'autres leaders syndicaux se sont éloignés de la présidente cette année quand elle a tenté de contenir les demandes du mouvement syndical en soutenant un candidat rival aux élections syndicales. Depuis, M. Moyano apparaît de plus en plus souvent en public en compagnie de rivaux politiques de Mme Fernandez, critiquant un gouvernement qu'il a longtemps défendu dans le passé.

M. Moyano a déclaré mardi que les demandes des grévistes incluaient « l'élimination totale de l'impôt sur le revenu », de nouvelles hausses de salaires et d'autres avantages.

L'objectif est de faire comprendre au gouvernement Fernandez « qu'il ne peut gérer ce pays de la façon dont il le fait, sans fournir de réponses, avec des attitudes autoritaires, en imposant tout et en défiant le monde », a déclaré Pablo Moyano lors d'une entrevue sur la chaîne argentine Channel 13.

La présidente, de son côté, a appelé les syndiqués à agir de façon responsable et à défendre tout ce qu'elle a accompli pour les travailleurs, plutôt que de retourner dans un passé où peu de gens profitaient des bénéfices tirés de la croissance économique.

« Les premiers qui auront faim ou qui se retrouveront sans emploi seront les travailleurs », a prévenu Mme Fernandez dans une publication sur sa page Facebook.

« C'est pourquoi je veux appeler mes camarades, les travailleurs, à faire preuve d'une grande responsabilité et à défendre non pas mon gouvernement, mais le projet politique qui a généré plus de 5,5 millions d'emplois », a-t-elle écrit.

La plupart des travailleurs syndiqués argentins ont obtenu une hausse de salaire de 25 % cette année, ce qui, selon les analystes, correspond au taux réel d'inflation dans le pays. Pour la plupart de ces travailleurs, ces salaires bonifiés font en sorte qu'ils ont maintenant franchi le seuil à partir duquel ils doivent commencer à payer de l'impôt sur le revenu, ce que les travailleurs à petit salaire n'avaient jamais eu à faire auparavant.

« Le gouvernement devrait arrêter de voler les travailleurs avec l'impôt sur le revenu », a estimé le leader du Parti des travailleurs, Nestor Pitrola.


Associated Press