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20/11/2012 05:33 EST | Actualisé 20/01/2013 05:12 EST

Inversion du flux d'un oléoduc Québec-Ontario: une agence fédérale qui décidera

OTTAWA - En cas d'études environnementales contradictoires de Québec et d'Ottawa sur le projet d'inversion du flux d'un pipeline d'Enbridge, c'est un organisme fédéral qui aura le dernier mot, a affirmé le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver.

Car «l’Office national de l’énergie a l’autorité réglementaire en ce qui concerne les oléoducs trans-provinciaux», a réitéré le ministre mardi, au sujet de cette agence qui relève d'Ottawa.

Québec a récemment affirmé souhaiter réaliser ses propres consultations sur ce projet. La société Enbridge envisage d'inverser le flux d’un pipeline déjà existant entre Montréal et North Westover, en Ontario. Il pourrait ainsi un jour transporter vers l'Est le pétrole issu des sables bitumineux de l'Alberta.

Rien n'empêche Québec de faire de telles analyses: c'est son droit, a indiqué M. Oliver. Mais si l'étude québécoise indique un danger pour l'environnement et celle d'Ottawa conclut que le pipeline est tout à fait sécuritaire, c'est l'avis de l'Office national qui va prévaloir.

Joe Oliver dit qu'il va rencontrer cette semaine à Québec son homologue, la ministre québécoise des Ressources naturelles, Martine Ouellette, pour discuter des rapports entre les deux gouvernements. L'environnement est une compétence partagée entre le fédéral et le provincial.

Il précise qu'ils vont «discuter beaucoup de choses dans l’intérêt des Québécois et Québécoises».

«Sous réserve de l’approbation réglementaire, j’ai dit maintes fois que je suis en faveur en principe de la transportation de pétrole vers l’Est. Je pense que ça va créer des emplois. Ça va donner une chance pour la raffinerie à Lévis et à Montréal et à Nouveau-Brunswick de raffiner le bitume», souligne le ministre fédéral.

Le Bloc québécois maintient qu'Ottawa doit tenir compte des études environnementales réalisées par Québec.

«Ça (l'oléoduc) occupe le territoire du Québec, c’est dans la cour des Québécois. S’il y avait par hasard ou par malheur un incident, ce serait la juridiction du Québec», a rappelé le chef bloquiste Daniel Paillé, pour bien mettre en lumière l'importance de respecter l'avis du gouvernement de Pauline Marois.

Il admet par contre que la division des compétences entre Québec et Ottawa donne probablement raison au ministre.

«Peut-être que ça lui donne le dernier mot, OK, en matière légale, mais s’ils veulent avoir une politique d’ouverture envers le Québec, s’ils veulent collaborer avec le gouvernement du Québec et avec les Québécois, bien là, (ils devraient) tenir compte de l’opinion des compétences environnementales en la matière».

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, prône la collaboration entre le provincial et le fédéral sur ces grands enjeux environnementaux.

Car il conçoit que Québec soit inquiet de la façon dont seront réalisées les analyses d'Ottawa. Il déplore ce qu'il appelle un «démantèlement des protections environnementales» effectué par le gouvernement Harper.