NOUVELLES
20/11/2012 04:15 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Gaza: les tractations vont bon train mais la trêve se fait toujours attendre

JÉRUSALEM - Les tractations diplomatiques visant à faire cesser les violences entre Israël et les militants du Hamas dans la bande de Gaza se sont intensifiées mardi, mais aucun cessez-le-feu n'a été conclu, malgré l'optimisme affiché par plusieurs responsables.

La secrétaire d'État américaine est arrivée en renfort dans la région mardi soir. Le premier ministre israélien a déclaré que son pays serait un «partenaire déterminé» dans la conclusion d'une trêve, tandis que le président égyptien a prédit que les frappes aériennes israéliennes cesseraient bientôt.

Les attaques à la roquette, les tirs d'artillerie et les bombardements se sont poursuivis de part et d'autre mardi. Le bilan des victimes en Israël est passé à cinq décès, après la mort d'un soldat israélien et d'un entrepreneur civil touchés par une roquette. Plus de 130 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'opération israélienne, mercredi dernier.

Après des heures de rencontres à huis clos aux Nations unies, les ambassadeurs de l'ONU ont annoncé que le Conseil de sécurité tiendra un débat sur la crise qui sévit dans la bande de Gaza, mercredi après-midi, si un cessez-le-feu n'a pas été conclu d'ici là.

Cette décision a été annoncée après que les États-Unis eurent mis leur veto sur une déclaration unanime du Conseil parce qu'elle ne critiquait pas de façon explicite les attaques de Hamas à l'endroit d'Israël.

La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a rencontré tard mardi soir le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, après avoir été envoyée en urgence dans la région par le président Barack Obama.

«L'objectif devrait être une solution durable qui assure la stabilité régionale, ainsi que la sécurité et les aspirations légitimes des Israéliens comme des Palestiniens», a dit Mme Clinton lors d'une conférence de presse avec M. Nétanyahou.

Le premier ministre israélien a déclaré qu'Israël était favorable à une solution diplomatique à la crise, tout en menaçant d'entreprendre d'autres mesures militaires, se disant prêt à «toute action» nécessaire pour protéger la sécurité des citoyens d'Israël.

De hauts responsables du Hamas présents au Caire, où se déroulent les discussions, ont déclaré tard mardi soir qu'aucune trêve n'avait été conclue.

«L'accord sera probablement conclu demain. Israël n'a pas répondu à certaines demandes, ce qui a retardé l'accord», a déclaré un haut responsable du Hamas, Izzat Risheq.

Les autorités israéliennes ont seulement déclaré que des «efforts intensifs» étaient en cours pour mettre fin aux affrontements. Des médias israéliens ont cité le ministre de la Défense, Ehoud Barak, qui a affirmé lors d'une réunion à huis clos qu'Israël voulait une période de test de 24 heures sans tirs de roquettes pour voir si le Hamas a vraiment l'intention de respecter une trêve.

Dans ce qui semblait être un sursaut de dernière minute, les chars et les navires de guerre israéliens ont mené des frappes intensives dans la bande de Gaza mardi soir. L'une des frappes a tué deux frères qui circulaient sur une moto. L'identité des deux hommes n'a pas été divulguée.

Plus tôt mardi, le président égyptien Mohammed Morsi, probablement le plus important interlocuteur entre le Hamas et Israël, avait affirmé que les négociations entre les deux parties allaient mener à des «résultats positifs» dans les prochaines heures.

Israël réclame la fin des tirs de roquettes en provenance de la bande de Gaza et du trafic d'armes par les tunnels souterrains qui relient le territoire palestinien à l'Égypte. Israël réclame aussi des garanties internationales afin que le Hamas ne se réarme pas et qu'il n'utilise pas la région du Sinaï, en Égypte, pour attaquer le territoire israélien.

Le Hamas demande quant à lui qu'Israël cesse ses attaques sur la bande de Gaza et qu'il lève ses restrictions sur le commerce et les déplacements des résidants du territoire, des mesures en vigueur depuis que le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza, en 2007. Le gouvernement israélien a déjà rejeté de telles demandes par le passé.

Mardi soir, l'offensive israélienne avait fait au moins 133 morts du côté palestinien, dont au moins 54 civils. Trois journalistes palestiniens ont notamment été tués dans des frappes aériennes menées mardi. Au moins 840 personnes ont également été blessées, dont 225 enfants, selon des responsables de la santé à Gaza.

Cinq Israéliens ont perdu la vie dans les attaques à la roquette menées depuis mercredi dernier, dont un soldat âgé de 18 ans et un entrepreneur civil tués mardi. Plusieurs personnes ont aussi été blessées dans ces attaques.

Hillary Clinton doit rencontrer mercredi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à Ramallah, ainsi que des responsables égyptiens au Caire.