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19/11/2012 09:03 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Un chef du Jihad islamique et 40 autres personnes tuées dans la bande de Gaza

GAZA, Territoire palestinien - L'armée israélienne a poursuivi ses frappes sur la bande de Gaza lundi, tuant notamment un des chefs militaires du Jihad islamique. Au moins 40 Palestiniens ont été tués en quelque 24 heures, portant le bilan total à au moins 114 morts dans les deux camps depuis le début de l'opération Pilier de défense.

Sur le terrain diplomatique, l'Égypte, soutenue par la Turquie et le Qatar, tentait d'obtenir un cessez-le-feu lundi. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, et une délégation de la Ligue arabe sont attendus dans le territoire palestinien mardi.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'armée israélienne a repris ses tirs aériens, frappant deux immeubles résidentiels dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. Deux enfants et deux adultes ont été tués, tandis que 42 autres personnes ont été blessées, selon Ashraf al-Kidra, un responsable médical de la ville.

Les secouristes sont à la recherche d'une douzaine de membres d'une même famille vivant dans les immeubles touchés et probablement ensevelis sous les décombres. D'après des témoins, un tir israélien d'avertissement a eu lieu vers 2 h du matin lundi, provoquant la fuite de nombreux résidants.

Dans l'après-midi, Ramez Harb, l'un des chefs militaires des brigades Al-Qods, bras armé du Jihad islamique, a été tué avec un passant lors d'une attaque aérienne visant un centre des médias dans la ville de Gaza. Ce centre, qui abrite la télévision du Hamas et d'autres équipes médiatiques, a été frappé pour la deuxième fois en deux jours. L'armée israélienne a affirmé avoir visé quatre dirigeants du Jihad islamique, dont Ramez Harb.

L'aviation israélienne a également bombardé les vestiges d'un bâtiment de la sécurité nationale dans la ville de Gaza, déjà visé les jours précédents. Un enfant a été tué et plusieurs autres ont été blessés par des éclats, d'après M. Al-Kidra.

Trois militants du Jihad Islamique ont également été tués par un tir de missile sur leur camionnette, selon des responsables des services de sécurité du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza.

Depuis le lancement de l'opération Pilier de défense, destinée à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du territoire israélien, au moins 111 Palestiniens, dont 56 civils, ont été tués, et plus de 800 autres ont été blessés, dont au moins 225 enfants.

Côté israélien, trois civils ont été tués et des dizaines d'autres ont été blessées par des tirs de roquettes du Hamas et d'autres groupes extrémistes de la bande de Gaza, qui se poursuivaient lundi malgré l'offensive en cours.

Lundi, au moins 75 roquettes sont tombées sur Beersheva, Ashqelon et Ashdod, dans le sud d'Israël. Une roquette a touché une école vide et 22 autres ont été neutralisées par le bouclier antimissile Dôme de fer, a déclaré le porte-parole de la police israélienne, Mickey Rosenfeld. Les établissements scolaires sont fermés dans le sud du pays depuis le début de l'offensive.

L'Égypte tentait lundi d'obtenir un cessez-le-feu, mais le Hamas a écarté tout espoir d'une trêve rapide. L'État hébreu exige l'arrêt des tirs de roquette sur son territoire, ce qu'a rejeté le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, qui exige la levée du blocus sur la bande de Gaza.

«Nous n'accepterons pas les conditions israéliennes parce qu'ils sont les agresseurs», a déclaré Khlaed Mechaal à la presse en Égypte. «Nous voulons un cessez-le-feu qui prenne en compte nos demandes.»

«Gaza ne demande pas la fin de la guerre. Sa demande concerne ses droits légitimes», notamment la fin des attaques israéliennes, des assassinats et la levée du blocus, a-t-il répété. «Que ceux qui ont commencé cette folle guerre l'arrêtent, à nos conditions.»

D'après un responsable israélien, l'État hébreu espère toujours trouver une solution diplomatique à la crise, notant que l'Égypte pourrait jouer un rôle-clé dans l'instauration du cessez-le-feu.

«Nous préférerons la solution diplomatique si c'est possible. Si nous voyons que cela ne se fera pas, nous pouvons aller plus loin», a déclaré ce responsable sous le couvert d'anonymat. Israël ne veut pas de «solution à la va-vite» qui se solderait par la reprise des combats dans quelques mois, mais exige des «garanties internationales» que le Hamas ne se réarmera pas ou n'utilisera pas la péninsule du Sinaï, en Égypte, pour mener des attaques, a-t-il ajouté.

Plus de huit Israéliens sur dix (84 pour cent) soutiennent l'intervention militaire contre le Hamas dans la bande de Gaza, selon un sondage de l'institut Dialog publié lundi par le quotidien «Haaretz». Cependant, moins d'un tiers des Israéliens (30 pour cent) se déclarent favorables à une invasion terrestre, d'après ce sondage.