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19/11/2012 11:12 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

Tournée - Samoa: l'exil et la fierté

La sélection des Samoa, adversaire du XV de France samedi en clôture de la tournée d'automne, est quasi intégralement composée de joueurs évoluant à l'étranger et nourrit son ambition de sa fierté nationale et des exploits de sa courte histoire rugbystique.

Dans la liste des 30 joueurs seuls deux jouent aux Samoa.

Les 28 autres évoluent aux quatre coins du monde: France, Royaume-Uni, Japon, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud...

Ils se retrouvent deux fois l'an sous le maillot du "Manu Samoa", la sélection baptisée du nom d'un ancien chef tribal.

Cet exil s'est généralisé après la Coupe du monde 1991 où une bande de solides gaillards emmenée par un capitaine "déménageur" dans le civil, Peter Fatialofa, a chamboulé la hiérarchie.

Avec une victoire de prestige (16-13) face au pays de Galles à Cardiff, puis une autre sur l'Argentine (35-12), les "Samoa occidentales" avaient accédé aux quarts de finale, éliminés ensuite par l'Ecosse (28-6). Après les virevoltants Fidjiens en 1987, les Samoans aux qualités physiques hors normes ont suscité les convoitises.

La Nouvelle-Zélande voisine --qui a apporté le rugby sur l'archipel pendant qu'elle l'administrait entre 1914 et 1962-- était alors la seule destination pour quelques rares pionniers comme Fatialofa. D'autres avaient même choisi de rejoindre les All Blacks, à l'instar de Michael Jones qui ouvrira la voie aux Tana Umaga, Jerry Collins ou Mils Muliaina...

Mais si de plus en plus de joueurs évoluent désormais au plus haut niveau en club (Johnston à Toulouse, Paulo à Clermont, Fotuali'i aux Ospreys, Mulipola à Leicester...), la sélection n'a atteint qu'une autre fois une phase finale de Coupe du monde, en 1995.

"Il est très compliqué de se rassembler, de travailler ensemble pour progresser", notait l'ancien capitaine Gavin Williams lors de la dernière venue de la sélection en Europe.

Classée dans les nations du "deuxième tiers" (avec le Canada, les Etats-Unis, les Fidji, le Japon, la Roumanie et les Tonga), les Samoa disputent peu de test-matches face aux nations majeures et doivent se contenter de compétitions régionales comme la Coupe du Pacifique des nations face aux Tonga, aux Fidji et au Japon.

Elle a pourtant déjà réussi plusieurs coups d'éclat comme face au pays de Galles vendredi dernier (26-19) ou l'Australie en 2011 (32-23).

Alors que les dernières semaines ont révélé les difficultés du rugby fidjien à attirer ses joueurs en sélection face aux sommes d'argent proposées par certains clubs, les Samoa alignent souvent leurs meilleurs joueurs, animés de leur fierté nationale.

"Les Samoa ne sont pas une équipe pour la célébrité et la fortune, ce n'est pas une question d'argent. Les gars perdent même de l'argent quand ils jouent avec l'équipe nationale", explique le manager de la sélection Pat Lam.

"Avant le match (contre Galles), j'ai parlé aux garçons de 1991 et de la manière dont ça nous avait ouvert les portes du rugby international, raconte-t-il. On leur a montré une vidéo avec des gens aux Samoa. Ca leur a rappelé d'où nous venons".

En quête de reconnaissance, les Samoans se sont rapprochés avec leur victoire à Cardiff de leur objectif: accrocher le Top 8 mondial et figurer dans le "deuxième chapeau" au tirage au sort du Mondial-2015. Ils sont neuvièmes, juste derrière les Gallois.

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