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19/11/2012 11:07 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

RDCongo: Paris présentera lundi à l'ONU une résolution condamnant le M23

La France présentera lundi une résolution au Conseil de sécurité de l'ONU demandant un renforcement des sanctions internationales contre les rebelles du M23, qui ont repris leur tirs contre l'armée congolaise après le refus du gouvernement de négocier avec lui.

"Le M23 a complètement ignoré ce qu'avait dit le Conseil de sécurité", a expliqué l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud. Le Conseil de sécurité avait demandé samedi l'arrêt de l'avance de la rébellion vers Goma, et que "tout soutien extérieur et toute fourniture d'équipement au M23 cessent immédiatement".

Dimanche le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait par ailleurs affirmé que les 6.700 Casques bleus basés dans la région où ont lieu les combats, le Nord-Kivu, allaient y rester.

M. Araud a précisé que la résolution de la France évoquerait l'implication éventuelle d'autres pays dans le conflit. Le gouvernement congolais a toujours refusé d'engager des négociations avec le mouvement rebelle qu'il considère comme une émanation du Rwanda voisin, des accusations reprises par les Nations unies, mais qui sont démenties par Kigali.

Cette question "sera l'une des parties délicates de la résolution", a estimé M. Araud. Il a par ailleurs déclaré espérer un vote rapide sur ce texte, qui pourrait avoir lieu mercredi, quand les 15 Etats membres du Conseil doivent évoquer la situation en République démocratique du Congo.

L'entourage de la ministre de la Francophonie Yamina Benguigui a de son côté precisé que la résolution devait porter "sur la condamnation du M23", "sur la sanction du groupe dans son ensemble", et appeller "à l'intangibilité des frontières", "à la garantie de l'accès à l'aide humanitaire".

Le Mouvement du 23 mars, ou M23, a été créé début mai par des militaires, qui après avoir participé à une précédente rébellion, ont intégré l'armée en 2009, à la suite d'un accord de paix. Ils se sont mutinés en avril, arguant que Kinshasa n'avait pas respecté ses engagements.

Lundi matin, les rebelles avaient lancé un ultimatum au gouvernement, lui demandant d'ici 24 heures d'annoncer l'ouverture de négociations avec lui ainsi qu'avec l'opposition, la société civile et la diaspora congolaise.

Cet ultimatum fait suite à l'avancée du M23 jusqu'aux portes de Goma. Dimanche midi, après l'intervention d'hélicoptères de l'ONU pour protéger les abords de l'aéroport, le M23 s'est arrêté à Munigi, à 5 kilomètres du centre ville.

Depuis, les lignes des belligérants se sont stabilisées, à environ un kilomètre l'une de l'autre, selon un observateur militaire.

bur-mdm/jca

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