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19/11/2012 08:51 EST | Actualisé 19/01/2013 05:12 EST

L'Ukraine, nouvelle conseillère des prochaines capitales de la planète foot

L'Ukraine, dont beaucoup doutaient de la capacité à organiser avec la Pologne l'Euro-2012, en est arrivée, six mois après ce pari réussi, à dispenser ses conseils à la Russie et au Qatar, qui accueilleront les Coupes du monde 2018 et 2022.

"Maintenant, je suis un homme intelligent, je peux donner des conseils sur la façon d'organiser un grand événement. Mais je n'étais pas cela il y a encore trois ans", ironise un brin estime Markiyan Lubkivskiy, directeur du tournoi en Ukraine.

Cet ancien ambassadeur en Croatie, qui en août 2009 s'est vu propulser à la tête du comité d'organisation ukrainien, trouve drôle d'être maintenant l'homme qu'on invite à la tribune des colloques, comme la semaine dernière à Lausanne pour le forum "City Events".

"De mon point de vue, l'UEFA a fait beaucoup plus pour l'Ukraine que ce que l'Union Européenne fait, avance le diplomate dans un entretien avec l'AFP. L'Ukraine d'il y a cinq ans et l'Ukraine d'aujourd'hui sont deux pays différents, pas seulement en terme d'infrastructures parce qu'il y a des nouveaux aéroports et de nouveaux stades".

En la forçant à se rapprocher des standards du reste de l'Europe, l'Euro, explique-t-il, a transformé cette ancienne république d'URSS, même si tout n'est pas devenu subitement parfait.

Elle a dû simplifier son administration au lourd passé soviétique, mettre l'accent sur les services, se doter d'une signalisation en lettres latines permettant aux visiteurs ne lisant pas le cyrillique de trouver leur chemin. Et découvrir les joies du bénévolat sportif, qui n'était pas dans sa culture.

En cela, l'instance dirigeante du football européen a été bien plus efficace que la Commission européenne, selon lui.

Si "Donetsk n'était pas vraiment ce qu'on peut appeler une destination touristique", le pays voit apparaître de nouveaux phénomènes, observe-t-il: "Après le tournoi, les arrivées de touristes ont atteint un nouveau record dans l'histoire de l'Ukraine indépendante".

Retards dans les préparatifs, crise politique, hôtels hors de prix... L'Ukraine a donné quelques cauchemars à l'instance européenne du football. Depuis les Jeux Olympiques d'été de Moscou en 1980 et ceux d'hiver de Sarajevo en 1984, aucun grand événement sportif n'avait été organisé en Europe de l'Est et "le manque d'expérience était énorme", rappelle-t-il.

Mais au final, cet Euro-2012 a reçu les félicitations du patron de l'UEFA Michel Platini et depuis, l'ancien ambassadeur fait le tour des prochaines capitales de la planète foot: Rio de Jainero, Moscou... Il tisse des contacts avec le Quatar. Jacques Lambert, président de la société organisatrice de l'Euro-2016 en France, est devenu son "ami".

"J'ai eu déjà plusieurs réunions avec des collègues de Russie", notamment le directeur du comité organisateur et le patron de la fédération russe de football, raconte M. Lubkivskiy: "Nous avons discuté de tous les aspects possibles de coopération. En terme de mentalité la Russie et l'Ukraine sont très proches et nous pouvons partager notre expérience".

Gestion de bénévoles, services de santé, sécurité des supporteurs, transports publics sont autant de domaines où l'Ukraine a trouvé "des solutions simples", selon lui. 

A tous, Markiyan Lubkivskiy lance le même avertissement: "ne perdez pas de temps, parce que c'est crucial! En Ukraine tout le monde était si content de décrocher l'Euro, mais le vrai travail n'a démarré que dans les trois dernières années".

stp/gv